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 Les enjeux

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MessageSujet: Les enjeux   Mer 19 Sep 2007 - 10:54

Arrow État des lieux:
On parle de déficit budgétaire lorsque les recettes d'un pays ne couvrent plus les dépenses publiques. Pour combler ce déficit, les administrations publiques contractent des emprunts. La somme de tous les emprunts successif et des intérêts y relatifs est appelée dette publique. Ce qu'on appelle la charge de la dette, ou le service de la dette, c'est le paiement des intérêts et remboursements que l'Etat doit verser chaque année à ses créanciers. L'endettement annuel ne concerne que le déficit qui s'ajoute, une année donnée, à la dette publique. En Europe, les principaux créanciers de l'Etat sont les banques mais aussi et surtout les grandes compagnies d'assurance, qui placent les cotisations de leurs membres sous forme d'emprunts publics. Les Etats bénéficient généralement de conditions favorables, à mois que la dette publique n'ait atteint des proportions alarmantes…
Le critère retenu par l'Union Européenne est le ratio d'endettement, à savoir le rapport entre la somme des dettes et le produit intérieur brut (PIB). Le Traité de Maastricht fixe à ce propos les limites suivantes : un déficit public annuel inférieur à 3 % et une dette publique de maximum 60 % du PIB. En cas de dette publique excessive, les autorités budgétaires de l'Union passent au crible les décisions économiques du pays, qui risque théoriquement un avertissement, voire des sanctions. Ces critères ont toutefois été assouplis en 2005 : pour pouvoir atteindre certains objectifs européens, l'endettement annuel peut à présent dépasser les 3 % pendant 3 ans, voire davantage
A l'heure actuelle, plusieurs Etats membre dépassent allègrement le plafond des 60 %. Ainsi, en 2006, l'Italie affichait une dette publique de 106 % du PIB, et la Belgique de 95 %. Cela dit, à l'instar de ces deux pays, la plupart des Etats de l'UE ont réussi à stabiliser ou à réduire leur dette ces dernières années. L'Allemagne et la France sont les seules dont le ratio d'endettement a sensiblement augmenté. L'Allemagne a dû supporter le coût de la réunification ; la France ne peut avancer un tel argument. Bien que son ratio d'endettement de 66 % soit inférieur à la moyenne européenne, le poids de sa dette a augmenté de 10,5 % rien que depuis 1995, un record en Europe ! Comme dans de nombreux pays de l'Union, les nouvelles dettes ne sont plus amorties mais converties ; en France et en Allemagne, une bonne partie des recettes fiscales financent les intérêts de la dette.
Arrow Les données du problème
Les avis divergent considérablement à propos du diagnostic et des mesures proposées pour réduire la dette. Ce que d'aucuns considèrent comme une situation extrêmement préoccupante est jugé par d'autres comme une condition sine qua non à la croissance. Ainsi, Jean Paul Fitoussi, Président de l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques, estime que "si on s'endette pour construire un système de recherche digne de ce nom en Europe, c'est un très bon investissement donc en réalité on s'enrichit, on ne s'appauvrit pas. Si on raisonnait un peu comme les entreprises on serait beaucoup plus intelligent, on aurait une gestion beaucoup plus intelligente. Une entreprise s'endette pour investir et ce qui va déterminer la valeur de son patrimoine, c'est la rentabilité de son investissement."
Malheureusement, les emprunts servent plus souvent à financer les dépenses courantes que des investissements axés sur le long terme, par exemple dans l'éducation, la recherche ou le logement. Question tout aussi préoccupante : la France et l'Allemagne seront-elles un jour à même de rembourser les dettes accumulées ? Juste après la Deuxième guerre mondiale, le contrat entre les générations semblait judicieux, à savoir financer la reconstruction par des dettes publiques transmises aux générations futures. Aujourd'hui pourtant, qu'est-ce qui justifie de transférer une partie du passif aux générations à venir ? D'autant plus que celles-ci devront supporter le poids d'une population vieillissante et d'importants problèmes environnementaux. Pour se débarrasser de ses dettes, l'Etat doit-il renoncer à tous les investissements, ou faut-il plutôt réduire les dépenses courantes ? Quelles catégories sociales doivent bénéficier en priorité de ces dépenses ? En définitive, la politique budgétaire est du ressort des Etats membres, de sorte que les mesures préconisées pour remédier au déficit public varient sensiblement d'un pays à l'autre.
Arrow Solutions déjà éprouvées ailleurs
La Belgique, la Suède et l'Italie ont trouvé des solutions différentes pour sortir de diverses crises financières. Aucune d'elle n'a pu faire l'économie d'une réduction des dépenses publiques et d'une augmentation des impôts ; en Italie surtout, celle-ci s'est faite au détriment des populations défavorisées, le taux de pauvreté augmentant de façon drastique après la crise économique de 1992/93. En Belgique, l'état des finances publiques s'est dégradé à vue d'œil à compter des années 1960. En 1982, le déficit public s'élevait à 130 % du PIB et à près de 140 % en 1993, soit le record absolu en Europe ! Le gouvernement socialiste a alors pris des mesures, notamment une augmentation de la TVA, pratiquée également par l'Allemagne ultérieurement. A cela s'est ajouté une nouvelle méthode de financement de la dette publique. Au final, la population belge a subi un véritable « changement de mentalité », comme le dit l'ancien ministre des finances Philippe Maystadt : "Chez les personnes âgées, y'en a encore beaucoup qui vous diront : l'Etat n'a qu'à payer, l'Etat nous doit bien ça. Mais par contre, chez les générations plus jeunes, chez les 30-40 ans, là clairement, ils ont bien compris que les déficits d'aujourd'hui, ce sont les impôts de demain. Et donc, eux ont bien intégré cette idée qu'on ne peut pas toujours résoudre les problèmes simplement en demandant aux finances publiques de contribuer davantage. "
Les Suédois ont eux aussi dû revoir leur copie. Ce pays, réputé pour son système de protection sociale exemplaire, a connu une crise financière majeure dans les années 1990. Göran Persson, le ministre des finances de l'époque s'était fixé comme objectif prioritaire de réduire le déficit budgétaire. L'Etat a réduit ses dépenses, notamment les subventions aux communes. L'augmentation des impôts a principalement touché les entreprises et les personnes aisées. Pourtant, comme le dit l'ancien directeur de la Banque centrale suédoise Bengt Dennis, "ce n'est pas de gaîté de cœur que le gouvernement socialiste a imposé un tel programme. Il a fallu revoir l'Etat providence à la baisse. De plus, la population a perdu en pouvoir d'achat du fait de la dévalorisation de la couronne suédoise. Il y a eu des augmentations d'impôts et nombre de prestations sociales ont été supprimées. Bien entendu, cela s'est ressenti sur le porte-monnaie d'une bonne partie des Suédois. Pourtant, les familles ont compris que ces mesures avaient leur raison d'être." Et en effet, le déficit public a pu être porté de plus de 80 % du PIB à "seulement" 60 % en 2006.
L'exemple de la Suède montre qu'il est possible d'assainir les finances publiques, sans pour autant affaiblir excessivement la couverture sociale. Mais cela n'est pas possible sans changer les mentalités ; de ce point de vue, Jean Pisani-Ferry , Directeur du BRUEGEL (Brussels European and Global Economic Laboratory) est plutôt pessimiste pour la France : ici aussi, comme en Suède, "on a une demande très forte sur les dépenses publiques, (...) mais dans les pays scandinaves on a une très grande acceptation de l'impôt c'est-à-dire que les citoyens considèrent que …l'impôt c'est le prix qu'ils payent pour ce service qu'ils qu'ils demandent, donc ils demandent un état très développé ils en payent le prix par l'impôt, en France on demande un état très développé mais y a pas ce consentement à payer l'impôt."

http://www.arte.tv/fr/Les-pays-riches-sont-ils-en-faillite-_3F
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MessageSujet: Re: Les enjeux   Sam 8 Mar 2008 - 9:17

L'illusion de la gratuité

Il y a quelques semaines, le premier ministre osait prononcer le mot de « faillite ». Aujourd’hui, il nous assure que la rigueur n’est plus d’actualité. Mais si l’on pouvait choisir en ce domaine, je m’imposerai l’aisance et le luxe…

Il y a toujours un grand danger pour les responsables politiques à s’avancer sur le terrain économique qu’ils ne pourront jamais maîtriser sauf à détruire complètement la dynamique de l’économie. Les candidats à l’élection présidentielle se sont tous appropriés des problématiques économiques (la croissance, la monnaie, le pouvoir d’achat) à propos desquelles ils ne semblent pas avoir une compréhension claire et achevée. Le même scénario se reproduit à l’occasion des municipales. J’entendais hier le candidat UMP aux municipales de Montpellier promettre la gratuité dans les transports publics, sans doute en réponse à la gratuité des livres scolaires instituée par Georges Frêche, le président socialiste de la région Languedoc-Roussillon.
Et l’on s’étonne ensuite que la fiscalité locale s’envole. C’est pourtant ce qui se produit si l’électeur oublie trop vite qu’il est aussi un contribuable.

Il y a en effet une chose fondamentale qui échappe à ceux qui ont la prétention de nous diriger : plus la sphère des biens et services gratuits s’agrandit, et plus la vie est chère et l’économie fragilisée. Ce processus fut enclenché en France en 1981 avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir. Les socialistes ont créé le RMI, puis plus tard la CMU ; ils ont imposé la réduction du temps de travail, fidèle à leur tradition redistributrice. Et la droite est contrainte de gouverner dans les cadres imposés par la gauche, selon les règles « démocratiques » encore imposées par la gauche qui font de l’alternance politique une illusion sinon une farce.
Il n’est pas aisé d’admettre que la gratuité généralisée rend la vie chère. Mais ce n’est qu’un paradoxe apparent : comme la gratuité n’existe pas, c’est que l’inflation est forcément déguisée. Que sont en effet les biens et services dits « gratuits » ? Ce sont finalement tous ces biens et services extrêmement coûteux que l’on veut faire payer par les autres (et les autres font le même raisonnement) comme l’éducation, la santé ou la retraite. C’est ce qu’on appelle la consommation collective.
Mais qu’est-ce que la consommation collective ?
Imaginez que, lorsque vous consommez de l’électricité, c’est votre voisin qui reçoit la facture parce que vous avez piraté son compteur. Mais ce que vous ne savez pas, c’est que votre voisin a fait la même chose à votre insu. La conséquence est un dérapage de la dépense qui entraîne à son tour un dérapage des prélèvements pour régler la facture collective. C’est ce processus de déresponsabilisation qui explique les dérives des budgets de la sécurité sociale et de l’Etat.
Comme le pouvoir d’achat des ménages est dévoré par la montée des prélèvements de toute sorte, les ménages demandent de plus en plus de biens et services « gratuits » et le domaine de la consommation collective s’agrandit encore, celui-là même qui est à l’origine de l’inflation des prélèvements. Autrement dit, nous tirons tous sur la corde qui nous étrangle.
Les ménages ne s’aperçoivent plus que c’est précisément ce processus qui ronge leur pouvoir d’achat car les prélèvements leurs sont occultés, l’Etat se faisant le complice de cette tragédie collective. Là est sans doute le plus grave : ceux qui prétendent nous éclairer nous aveuglent ; ceux qui prétendent parler au nom de l’intérêt général participent activement à la liquidation collective. En effet, les responsables politiques s’efforcent de rendre les prélèvements « indolores », ce qu’il convient précisément de ne jamais faire si l’on veut que les gens réagissent, si l’on veut inverser les comportements et stopper le processus. Ainsi, les prélèvements sociaux sont retenus à la source (charges, RDS ; CSG) d’où l’illusion de gratuité des biens et services sociaux tandis que les prélèvements fiscaux basculent sur la fiscalité indirecte (TVA) d’où l’illusion de gratuité des biens et services publics.

On ne voit plus dans quelle proportion l’Etat prélève du revenu pour financer les biens dits « gratuits ». On ne voit plus que cette proportion devenue énorme est de nature à briser les ressorts de la création des richesses. Malgré cette masse croissante de prélèvements, le secteur public n’a jamais assez de moyens si l’on en croit ses représentants.
A l’origine, l’argent public, c’est d’abord la part de la richesse privée que le ménage consent à laisser à la collectivité. C’est ainsi que les choses furent inscrites dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Celle-ci énonce au passage les droits et devoirs du contribuable car contribuer financièrement au bien commun consiste précisément à faire acte de citoyenneté. Aujourd’hui, on assiste à une inversion des termes : l’argent privé, c’est la part de la richesse que l’Etat consent à ne plus nous prendre. Le citoyen est rabaissé au rang d’enfants à qui les parents consentent de laisser ou pas de l’argent de poche.

Voilà pourquoi les comportements sont pervertis quand on neutralise les signaux qui permettent à la rationalité individuelle de s’exprimer. Voilà aussi pourquoi il est nécessaire de limiter la sphère des biens et services gratuits plutôt que de l’étendre. Mais au nom d’une conception démagogique du « social » et de solidarité, et sur fond d’ignorance impardonnable – voire de négation même - des lois de l’économie, tous les gouvernements ont étendu la sphère de la gratuité sans dire que la gratuité est un concept illusoire qui nous coûtera cher à tous.
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MessageSujet: Re: Les enjeux   Ven 14 Mar 2008 - 11:53

Une accablante faillite intellectuelle


Une année ou presque s'est écoulée depuis l'apparition des signes avant-coureurs de l'abcès des crédits « subprime ». De proche en proche, les marchés financiers, par nature inséparables du capitalisme réel (l'économie tout entière est un vaste réseau d'échanges), sont frappés de paralysie. Un nombre croissant de reconnaissances de dettes sous toutes leurs formes (et elles sont innombrables) ont cessé d'avoir un prix. Elles sont invendables. On ne peut imaginer déni plus radical de l'économie de marché. D'où la menace d'effondrement qui a fait perdre à la Fed son sang-froid. On vient derechef de le constater.
Mais des idées fausses sur la gestion des entreprises en général et des établissements financiers en particulier continuent à être « pensées » comme intangibles et « créatrices de richesses ». Aussi longtemps qu'il en sera ainsi, la crise développera inexorablement ses effets.
On nous avait décrit un monde promis à la prédominance absolue et bienvenue de l'économie privée soumise à la seule discipline de la concurrence « mondiale ». Sur la pointe des pieds et sans perdre pour autant (jusqu'à ce jour) ses illusions, le monde réel est en train d'emprunter un autre chemin. Sa destination est encore indécise, mais une chose est sûre. Il ressemblera de moins en moins aux rêves inspirés par la tour de Babel, celle où l'on parlait tous la même langue et où on travaillait tous pour un marché supposé globalisé. Les banques les plus profondément immergées dans ce culte de la globalisation et du profit maximal seront les premières à être forcées de s'en dégager. Elles sont en train de franchir le premier pas sous l'empire d'une nécessité imprévue par nos augures. Elles doivent impérativement se recapitaliser alors qu'elles avaient organisé systématiquement, avec l'encouragement des autorités, leur « décapitalisation ».
On aurait tort de voir dans la nationalisation de la banque britannique Northern Rock un cas isolé. D'abord, le motif qui a poussé Gordon Brown à faire ce qu'il aurait abominé de faire quelques semaines auparavant n'a rien d'exceptionnel. Vu l'absence d'empressement des autres établissements pour reprendre leur confrère en faillite, le choix était entre la disparition de la cinquième banque du Royaume-Uni impliquant le non-remboursement des gros et moyens déposants ou bien la reprise par l'Etat. Inutile de se demander de quel côté a penché la préférence des gros clients, ceux-là mêmes qui ne juraient hier que par le capitalisme privé pur, animé par l'efficace axiome schumpetérien de la « destruction créatrice ».
Ensuite la solution elle-même. On en a déjà sous les yeux toute une palette de variantes (1). En vertu de l'accord dit de « Bâle 2 », les grandes banques ne se voient plus imposer de normes prudentielles pour faire face à leurs risques. D'un régime il est vrai passablement absurde, on est passé depuis l'année dernière à un autre franchement scandaleux et qui dénote la soumission au lobby bancaire des autorités monétaires. Depuis l'année dernière, les banques centrales et les Trésors publics réunis au sein des comités organisés par la Banque des règlements internationaux de Bâle ont délégué... aux banques elles-mêmes le soin de déterminer l'ampleur des risques auxquels elles s'exposent (au vu de leurs « modèles », rendus depuis lors célèbres par... la Société Générale !) et l'importance de la couverture en capital exigée par ces risques.
Conséquence : au moment où allait éclater le fiasco du « subprime », les Citibank et autres banques « dynamiques », américaines et européennes, étaient en train de réduire la part des fonds propres (déjà ramenée à la portion congrue) dans le financement de leurs opérations les plus risquées. L'ironie de l'histoire veut que, pour certaines banques américaines (en attendant le tour des européennes), la planche de salut soit tendue par des fonds souverains. En forçant un peu le trait (cette hardiesse apparaîtra demain bien timide !), on serait tenté d'écrire que les Etats occidentaux n'auront pas besoin de nationaliser leurs banques : les Etats arabes et la République populaire de Chine se chargeront de le faire à leur place, et plus discrètement s'il vous plaît.
Mais, contrairement à ce qui vient d'être dit ici, le remède au capitalisme financier à effet de levier (lourdement endetté) ne se trouve-il donc pas précisément dans ces nouveaux acteurs de la mondialisation que sont les fonds souverains ? La vraie question n'est pas là. Il est difficile d'imaginer que les Etats se feront la même idée de leurs placements que s'en font les « investment banks ». Ils n'ont pas mandat de jouer au casino. Le fonds chinois a pris soin de se constituer en commençant par une émission d'obligations offerte aux épargnants du pays (le produit en a été ensuite converti en devises détenues par la Banque Populaire de Chine). A terme, c'est l'idée même que le gain attendu est proportionnel au risque - un principe de base de la finance « moderne » - qui sera remise en question. D'un point de vue strictement économique, ce principe procède d'une confusion entre innovation et hardiesse d'une part, et risque d'autre part. En réalité, le meilleur projet d'investissement est celui qui, en dépit des préjugés ambiants, a le plus de chances de réussir.
Une faillite intellectuelle majeure est en train d'éclater au grand jour. Elle a malheureusement pour origine une initiative la Commission européenne. Celle-ci a fait des économies européennes les cobayes d'une réforme comptable radicale. Cette réforme ultrasophistiquée a pour fondement deux idées coupées de la réalité économique. La première est qu'à la faveur de la mondialisation il existe potentiellement un marché pour toutes créances (désignées à l'envers par les anglophones qui préfèrent parler de marché de la « debt »), illusion qui est à la base de la notion de « fair value ». On a oublié la discipline du cash (pas de profit ou de perte enregistrée en dehors d'une transaction effective). Elle revient au galop. La deuxième idée est rarement mentionnée. Elle pourrait bien dans un avenir proche engendrer une crise de confiance au regard de laquelle celle qui a été déclenchée par les crédits « subprime », déjà vitriolée, apparaîtra presque bénigne. Les nouvelles normes comptables entérinent, systématisent, instituent la confusion la plus néfaste introduite par la prétendue science financière. Ces normes contribuent à faire passer pour fonds propres des ressources en réalité empruntées.

PAUL FABRA
http://www.lesechos.fr/info/inter/4700608.htm
(1) Je recommande ici la lecture de l'article de Jean-Michel Lamy, « Capitalisme d'Etat », publié dans l'hebdomadaire« Le Nouvel Economiste »du 24 janvier.
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MessageSujet: Re: Les enjeux   Lun 25 Aoû 2008 - 17:40

Qui se souvient aujourd'hui de Jimmy Goldsmith, affairiste milliardaire iconoclaste avant de devenir un politique tout aussi atypique, un temps partenaire de Philippe de Villiers (leur liste commune avait obtenu obtient 12,34 % des voix et 13 sièges aux européennes de 1994) ?

Dans son opus le Piège (Fixot), best seller de la même année, il développe ses idées qui s'articulent autour de trois postulats:

Primo, et c'est sa principale différence avec les altermondialistes de gauche, le libéralisme est le meilleur des systèmes pour amener un nombre croissant d'hommes vers la prospérité. C'est cette conviction qui, jusqu'à la fin des années 1980, a fait de Goldsmith l'un des patrons occidentaux les plus engagés contre le communisme international, au point d'avoir racheté l'Express en 1977, pour pouvoir dire à des centaines de milliers de lecteurs où était le danger!

Secundo, et c'est ici que le raisonnement détonne, le libéralisme peut devenir la pire des choses, c'est-à-dire le moyen de paupériser le plus grand nombre, s'il met en concurrence des zones dont les niveaux de développement sont tellement différents qu'elles se déstabilisent mutuellement. « Loin de diffuser le développement, le libre-échangisme mondial, accuse-t-il, est une machine infernale qui permet d'enrichir les riches des pays pauvres tout en appauvrissant les pauvres de pays riches, sans avoir même l'excuse d'enrichir les pauvres des pays pauvres ».

Tertio, Goldsmith réclame le retour à la préférence européenne qui avait présidé à la mise en place du Marché commun.« Parce que, sans écluses douanières destinées à équilibrer les termes de la concurrence, nos usines vont déménager et la division internationale du travail, que veulent nous imposer les Américains tout en continuant à se protéger, va provoquer un chômage de masse dont le coût va achever de ruiner nos économies tout en créant les conditions d'une crise sociale sans précédent ».

Prémonitoire non ? On imagine sans peine ce qu'il penserait aujourd'hui du recours à l'immigration . Penser seulement, car il ne pourrait l'écrire ...
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MessageSujet: Re: Les enjeux   Lun 1 Déc 2008 - 11:41

Une chaîne de télé nationale annonce la faillite de la France !!!
----------------------


France 5 a en effet programmé hier dimanche 29 novemnre 2008 16h30 une remarquable émission prédisant la faillite de la France pour 2017. Conçue sur l’excellent modèle de feu les dossiers de l’écran, elle débutait par une docu-fiction assez réaliste reprenant de façon étonnante et point par point les arguments développés par la révolution bleue (cf les nombreuses références sur ce sujet). Elle fut suivie d’un débat entre responsables politiques, économiques, partenaires sociaux, + les inévitables "experts". Même si ce débat fut à l’image de ces derniers, à savoir de la médiocrité habituelle, les intervenants ne purent échapper à l’interpellation des journalistes (qui pour une fois firent à peu près leur boulot -à noter l’excellente conduite des débats-) sur la question brûlante de la dette, d’autant que le moteur de calcul de la dette (bien connu des internautes) affichait en temps réel le chiffre actualisé de cette dernière au dessus de leurs têtes !!! Dommage que parmi ces intervenants ne figurât aucun représentant de la RB, le maintien des acquis sociaux en l’état (et notamment le monopole de la sécu) ne faisant du coup l’objet d’aucun débat.
http://www.france5.fr/programmes/index-fr.php?affnum=009591&prgnum=0&numcase=224&date=30-11-2008&plage=1200-1900
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