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 La seconde guerre mondiale

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MessageSujet: La seconde guerre mondiale   Lun 27 Aoû 2007 - 11:48

samedi 25 août 2007

Mon témoignage sur la libération de Paris

A l’occasion de l’anniversaire de la libération de Paris, les médias reprennent en cœur le message martelé pendant plus de 60 ans: les parisiens se seraient libérés seuls avec le concours des forces françaises libres.

Il se trouve que j’ai été un témoin direct de cet évènement. J’avais 4 ans en 1944. Mon père était prisonnier de guerre en Allemagne et j’habitais avec ma mère et ma grand-mère un appartement donnant sur l’avenue d’Italie à la hauteur de la station de métro Tolbiac. Je me souviens donc comme si c’était hier de l’arrivée des américains à Paris. Pendant des jours, j’ai vu passer sous mes fenêtres un interminable défilé de chars. Des orchestres improvisés jouaient du jazz sur les trottoirs tandis que les soldats américains distribuaient des oranges, du chocolat et des cigarettes à la foule enthousiaste qui saluait ses libérateurs. Les troupes américaines ne se sont pas contentées d’organiser des festivités. Elles ont combattu partout dans Paris et notamment contre les unités SS qui gardaient la gare d’Austerlitz. (1)

Quelques années plus tard, j’ai appris à l’école que les américains n’étaient jamais entrés dans Paris, qu’ils avaient simplement contourné la capitale et que la libération avait donc été l’œuvre des courageux francs tireurs communistes appuyés par la division Leclerc. Craignant d’avoir été victime d’hallucinations, j’ai retrouvé à Sciences Po, les journaux publiés le 25 août par la résistance. En première page, en gros titre, on pouvait lire que Paris venait de se libérer grâce aux français libres et il fallait se reporter au recto en bas de page pour y découvrir que les parisiens avaient accueilli les alliés. Les propagandes communistes et gaullistes ont donc été implantées dès le premier jour de la libération. Il fallait en effet embellir l’histoire pour permettre à la France de prendre sa place parmi les puissances victorieuses. (2)

Cette propagande n’a jamais cessé depuis lors. J’ai entre les mains le manuel d’histoire des classes terminales édité en 1998 par hachette éducation et rédigé par 9 agrégés. On peut y lire à la page 72 : « A partir du 24 Août, la capitale est libérée par l’action de la résistance - ou les francs tireurs et partisans français (FTPF) communistes sont nombreux et influents - et la deuxième division blindée » Pas un mot sur les américains. Voila qui en dit long sur la « scientificité » de nos historiens. Voila qui illustre, une fois de plus, l’état pitoyable de notre éducation nationale!

Un mot sur l’ambiance qui régnait à Paris pendant l’occupation. Après avoir exalté l’héroïsme des parisiens, certains prétendent aujourd’hui que tous les français auraient collaboré et que nous serions donc voués à une repentance perpétuelle. En vérité, le peuple parisien détestait les occupants et attendait sa délivrance des « ricains ». Les gens souffraient de graves pénuries alimentaires (j’étais à l’époque un petit garçon rachitique). De plus, ils vivaient dans la crainte de la gestapo d’autant plus qu’il était fort difficile de la distinguer de la police française en civil. Cette dernière s’est illustrée pendant toute l’occupation par une collaboration sans failles avant de découvrir la lumière à l’approche des armées alliées. Outre l’administration, il est exact que beaucoup d’artistes ont collaboré avec les allemands. Ces derniers étaient partout, dans le métro (jamais en grève!), aux terrasses des champs élysées, en rangs serrés à l’opéra, et dans tous les cabarets. C’est à cette époque que jean Paul Sartre, a fait jouer sa pièce « les mouches » devant un parterre qui comprenait, comme dans tous les théâtres, une forte proportion d’officiers allemands. C’est dire à quel point la résistance était active!

Puisque ces vérités ne sont pas bonnes à dire, on ne dira pas que René Bousquet (3) chef de la police et organisateur de la terrible rafle du Vélodrome d’hiver a été après la guerre, un ami de François Mitterrand. On ne dira pas non plus que le même Bousquet a aussi été après la guerre, administrateur de la société UTA dont le Président était le mari de Simone VeilOn ne dira donc rien en mettant tout cela sur le compte des mystères de Paris. Mais il se trouve que je n’aime pas les mystères…

Gérard Pince

(1) la division Leclerc est entrée par la porte d’Orléans tandis que l’armée américaine s’est présentée le 25 août porte d’Italie à 5 heures du matin.
(2) Se reporter au discours de de gaulle : Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé mais paris libéré, libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France »
(3) Se reporter à l’article de wikipedia consacré à ce personnage assassiné avant son procès.
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Dim 2 Sep 2007 - 21:05

il est très facile de déformer l'Histoire, et de lui faire des enfants dans le dos. les premiers chroniqueurs ne pensaient qu'à plaire au pouvoir en place, et ne se risquaient pas à dire les choses qui fâchent.
et j'avoue à ma grande honte que je connais très mal l'histoire contemporaine.
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Lun 3 Sep 2007 - 11:46

On peut éventuellement "excuser" les chroniqueurs de l’instant, pas ceux qui ont suivi et avalisent toujours les chimères de la bien-pensance. Effectivement l’histoire contemporaine est survolée (voire ignorée, quand elle dérange) par nos manuels scolaires. Et l’histoire tout court (avec un grand H) est réécrite selon le bon vouloir des penseurs de l’ EN (de gôche à 80 % faut il le rappeler ...)
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Lun 3 Sep 2007 - 13:18

mais deux témoins d'un même événement ne l'interprèteront pas de la même façon, suivant leur vécu, leurs opinons, etc... ça ne veut pas dire qu'ils ne seront pas sincères! (je ne parle pas du cas précis de départ).
à ce sujet, j'ai fait un copier/coller pour mettre le texte de GP dans mon forum. l'un des membres, témoin de l'époque, doit répondre. je vous ferai part de sa réponse.
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Lun 3 Sep 2007 - 14:06

Comme toujours en pareil cas, il faut nuancer ... Si la lecture actuelle de cette époque par certains est à sens unique, il ne reste pas moins qu’il y eut alors d’authentiques résistants qui ont payé leur engagement au prix fort, même si pour des motifs pas toujours dénués d’arrières pensées politiques (je pense par exemple à la rivalité FFL / FFI-FTP). Il serait intéressant que votre correspondant revienne sur cette période et sur les développements de cette résistance dont il a été peut être le témoin ou l’acteur. Idea
Autre période déterminante: celle qui a précédé, je veux parler des années 30/40, et des "passivismes" qui portaient (déjà ...) une responsabilité écrasante dans l’abomination qui devait suivre. Wink
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Mar 4 Sep 2007 - 22:40

Attention à ne pas revisiter de trop près l'Histoire de France durant cette période trouble de l'occupation et de ces instants magiques que fut la libération de Paris. Les premiers à être entrés dans la capitale furent les hommes de Leclerc suivis par les américains. Cela avait été "symboliquement" décidé en haut lieu à Londres pour montrer que Paris serait libérer en premier par des soldats français.

Merci aux GI's toutefois qui ont versé leur sang non seulement sur les plages de Normandie mais aussi lors des derniers nettoyages de certains quartiers de la capitale avec l'aide des FFL et des FFI.
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Mer 5 Sep 2007 - 13:35

"Merci aux GI's toutefois qui ont versé leur sang non seulement sur les plages de Normandie mais aussi lors des derniers nettoyages de certains quartiers de la capitale avec l'aide des FFL et des FFI."

f'raient pas mal de r'venir....
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Mer 5 Sep 2007 - 13:58

je publie ici, avec son autorisation, la réponse-témoignage de mon ami:


LA LIBERATION DE PARIS -

Cinq hommes ont fait plus pour Paris que quelques milliers de badauds-résistants-bravaches, ce sont :

- le consul général de Suède, Raoul Nordling
- le commandant en chef des troupes allemandes à Paris, le général von Choltitz
- Alexandre Parodi, nommé par De Gaulle "ministre délégué dans les territoires non libérés"
- Pierre Taittinger, président du conseil municipal de Paris (il n'y avait pas de maire de Paris à cette époque)
- le capitaine Dronne, sous les ordres du général Leclerc, qui, avec trois chars légers et moins de 500 hommes a fait un travail très efficace.

La "bataille de Paris" a duré 6 jours dont deux et demi de trêve, du 19 au 24 août.

En présence :
Le général von Choltitz qui a recu des ordres impitoyables de Hitler de détruire tous les monuments importants de la capitale (y compris la tour Eiffel) et de raser tous les quartiers où pourraient se manifester des nids de résistance. "Pour un coup de feu tiré sur un soldat allemand depuis un balcon, brûler tous les immeubles du bloc et fusiller tous ses habitants. Pour un soulèvement ou une émeute, faire appel à l'aviation et raser le quartier sous les bombes".
Choltitz dispose d'environ 22 000 hommes (y compris les administratifs), d'une soixantaire de chars TIGRE (les plus puissants de l'époque), de 60 canons et de 90 avions.

Face à lui, environ 12 000 hommes (FFI et FTP) qui n'ont ni instruction ni entraînement, ni encadrement et qui ne disposent, au mieux, que de 4 mitrailleuses, 83 fusils-mitrailleurs, 560 fusils (y compris les fusils de chasse !), 325 revolvers(ceux de la police), et 192 grenades. C'est d'autant plus dérisoire que les munitions font défaut : deux heures de tir seulement ! Les anglais, sollicités d'opérer un parachutage d'armes sur le Champ-de-Mars, refusent bien entendu une action aussi hasardeuse.

Il faut savoir aussi que si le téléphone fonctionne (les portables n'existaient pas !) il est en grande partie manuel (par opératrices) et les communications peuvent mettre plusieurs heures avant d'aboutir (en 1947, trois ans plus tard, il faudra 6 heures pour téléphoner de Paris à Epinal !).

Devant une telle situation, la tendance est à la discussion d'une trêve. Les discussions entre la Résistance et Choltitz ne cesseront pas et ceci grâce à l'intervention d'un homme d'un courage exceptionnel, le consul de Suède R. Nordling, qui se dépensera sans compter et pratiquement sans dormir pour essayer de limiter les dégâts. Il ne cessera de faire la navette entre les représentants des gaullistes qui veulent faire le molins de casse possible, les représentants des FFI/FTP noyautés par les communistes qui veulent au contraire en découdre toute de suite et qui visent à s'emparer des commandes principales, le général von Choltitz qui est un grand soldat pas du tout un nazi (bien qu'il ait succédé à von Stuelpnagel impliqué dans le complot contre Hitler et qui a été fusillé). Choltitz montre à bien des égards qu'il est disposé à ne pas obéir aux ordres du Führer à condition toutefois qu'on y mette les formes. Il se déclare prêt à fermer les yeux sur quelques actes de rebellion individuels si le peuple de Paris ne se montre pas trop hargneux en s'opposant au départ volontaire des troupes allemandes.

à suivre...
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Mer 5 Sep 2007 - 13:59

...suite:

Le dialogue ne cessera donc jamais entre Choltitz, Parodi, Taittinger et Nordling.

Le communistes ne l'entendent évidemment pas ainsi et poussent à l'insurrection la population parisienne. Comme par hasard, les journaux tels que L'Humanité, Combat, Franc-Tireur, Libération, Le populaire et Front National (rien à voir avec le parti de Le Pen aujourd'hui), reparaissent en même temps, tous d'inspiration communiste (Le Populaire est socialiste). Tous affichent PARIS AUX BARRICADES, mot magique qui fleure bon la Commune de 1871 et les Journées de Juillet, Hugo, Gavroche et la faute à Voltaire...

Si quelques barricades ont joué pleinement leur rôle militaire en empêchant les Allemands de manoeuvrer, la plupart des autres étaient folkloriques.
On y a vu des matelas et des sommiers crevés, des poussettes, des lits-cages, des tables et chaises de cafés, des sacs de sable, des fauteuils branlants, meubles pourris, cageots et voitures à bras...

Alors, bien sûr, il y a eu des combats ou plutôt des escarmouches qui ont fait des morts et des blessés. Des camions chargés de soldats allemands sont pris sous le feu des FFI et des civils qui ont pu s'emparer des armes de soldats précédemment tués. Des drapeaux tricolores apparaissent aux fenêtres ainsi que des drapeaux rouges. On rentre déjeûner chez soi, fusil en bandoulière puis on se remet aux fenêtres et on tire un peu n'importe comment. On tire même au pistolet sur les quelques chars qui déambulent devant la Préfecture de Police et l'Hôtel de ville. Depuis 63 ans, on nous ressert cet épisode grotesque à chaque anniversaire de la "Libération".

En définitive, les Américains dont le plan de guerre excluait de "prendre" Paris ne bougent pas. Parodi et Taittinger (plus le général Billotte) arrivent à convaincre le général Leclerc de s'emparer de Choltitz avant tout le monde et lui imposer de donner l'ordre à ses troupes d'un cesser le feu. Ce sera fait le 24 août, en accord avec Choltitz lui-même.
Pendant ce temps, on se bat assez durement, non pas dans Paris mais à l'extérieur, entre La Croix-de-Berny et Longjumeau où la division Leclerc perdra 71 tués, 225 blessé, 35 blindés, et 117 véhicules divers. Combats sérieux à Bourg-la-Reine où les chars allemands bloquent l'avance française.
Finalement, le capitaine Dronne reçoit l'ordre de se faufiler par tous les moyens et d'entrer dans Paris où les barricades gênent autant les Résistants que les Allemands qui "tiennent" encore 15 arrondissements sur 20. Choltitz a renoncé à détruire Paris et refuse d'ordonner un bombardement aérien. Dans les fusillades sporadiques de ces 6 jours, les pertes françaises seront de 3 000 morts civils et 900 FFI/FTP. L'arrivée du capitaine Dronne, de ses trois chars et ses 150 hommes permettra à un détachement de parvenir jusqu'à l'hôtel Meurice de la rue de Rivoli, QG de Choltitz, où celui-ci se rendra aux officiers français selon un protocole immuable.

L'acte de reddition aura lieu à la gare Montparnasse. Un incident assez grave aura lieu entre d'une part les chefs communistes Rol-Tanguy et Kriegel-Valrimont et d'autre part le général Leclerc, Chaban-Delmas. Puis avec De Gaulle arrivé peu après la signature, personne n'étant d'accord sur la validité de la signature du "colonel" Rol-Tanguy qui s'est imposé. Quant à Chaban-Delmas, de simple lieutenant qu'il était en 1939, il ariva essoufflé avec une casquette de général à 2 étoiles fraîchement cousues, au grand étonnement de De Gaulle (lui aussi 2 étoiles).

La guerre des étoiles était commencée.

Ce sera ensuite le fameux défilé des Champs-Elysées et les coups de feu tirés des toits dont on ne saura jamais l'origine.

Au total, les Allemands auront perdu 3 200 tués, 14 800 seront faits prisonniers.

à suivre...
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Mer 5 Sep 2007 - 14:00

...suite et fin:

Aucun Américain n'était présent à Paris, aux cérémonies des Champs-Elysées puis à l'Hôtel de Ville puis à Notre-Dame.
Pour la bonne raison que le général américain Gerow, patron de Leclerc, ne lui avairt jamais pardonné ses mouvements d'indépendance ni les libertés qu'il a prises avec les plans du haut commandement américain. Gerow lui a adressé en effet, le 26 août au matin, une note comminatoire :

"Ordres au général Leclerc.
Opérant sous mon commandement direct, vous ne devez pas accepter d'ordres venant d'autres sources. Je crois savoir que vous avez reçu du général De Gaulle l'instruction de faire participer vos troupes à une parade, cet après-midi à 14 heures... Vous ne tiendrez pas compte de ces ordres...

De Gaulle reçut même une copie de ce message par envoyé spécial. Il n'en tint évidemment aucun compte.

Une foule énorme s'est placée sur le trajet du cortège, Champs-Elysées, Concorde, rue de Rivoli, Hôtel de Ville, Notre-Dame.
Les premiers coups de feu ont été tirés rue de Rivoli, des fenêtres du pavillon de Marsan. La foule s'applatit par terre, le service d'ordre, débordé, tire un peu au hasard et des civils armés de revolvers ouvrent le feu depuis la gare d'Orsay...sur le pavillon de Flore de l'autre côté de la Seine ! Même pagaille, jusqu'au boulevard St-Michel où sont tirés en l'air des centaines de coups de feu qui amplifient la panique qui amplifie les ripostes sans objectifs.
Un scène identique se reproduira à l'intérieur même de la cathédrale où les gens se coiffent des chaises pour se protéger...des éclats de pierres cédant sous les balles dont le bruit est amplifié par les voûtes.

Deux thèses possibles :
- Des parisiens qui avaient trop arrosé la libération se sont "amusés" à tirer en l'air, déclenchant des tirs de riposte d'un service d'ordre très énervé et improvisé.
- Des comités de quartier, communistes, auraient fait tirer, à l'heure dite, quelques coups de fusil vers le ciel pour créer l'impression que des menaces se tramaient dans l'ombre, ce qui aurait justifié le maintien des milices patriotiques se chargeant de toutes les opérations de police, de justice et d'épuration. C'était la thèse de De Gaulle qui en profitera pour dépouiller (avec un succès relatif) tous les innombrables Comités créés à profusion pour tenter une prise de pouvoir révolutionnaire.

Quant à l'attitude des Français pendant l'Occupation je rappelle qu'on estime (largement me semble-t-il) à 0,5 % de la population ceux qui ont été Résistants actifs, et un même 0,5% pour ceux qui ont été activement collaborateurs. Le reste de la population, soit 99 %, a été "attentiste" faute de pouvoir faire autrement.
Il n'y aucune honte à avoir "joué" du théâtre devant un parterre de soldats d'occupation, pas plus qu'un bistrotier ne peut s'en vouloir d'avoir servi des "canons" de rouge aux bidasses vert-de-gris. Tout le monde ne pouvait se réfugier à Londres ni prendre le maquis.
Il y avait deux millions de prisonniers en Allemagne, ce qui constitue un assez joli paquet d'otages possibles. Il y avait en France 38 millions de citoyens qui devaient VIVRE, travailler pour vivre et se débrouiller pour travailler. Et trouver à manger, car le ravitaillement a été la préoccupation première des Français.
Les privations se sont poursuivies jusqu'à la fin de l'année 1947. Le gamin de 10 ans que j'étais en 1940 a donc été sous-alimenté jusqu'à l'âge de 18 ans. En 1947, je pesais moins de 45 Kilos pour 1,75 m. Je me suis bien rattrapé depuis.

Les obus de 1940 étaient des obus allemands, donc ennemis. Les bombes de 1944 étaient américaines, donc amies. Sacrée différence !

Je suis né dans une petite ville, Saint-Dié, qui est considérée comme la marraine de l'Amérique parce que le mot Amérique y a été imprimé pour la première fois en 1507 dans un traîté de géographie. Cela n'a pas empêché la 7ème armée américaine (général Patch) de laisser brûler Saint-Dié en novembre 1944, incendie allumé par les Allemands qui se sont retirés de la ville sans tirer un coup de fusil. Les Américains étaient à moins d'UN kilomètre du centre ville. Ils auraient pu, sans aucune perte, déloger facilement les quelques sections du génie qui ont mis le feu et fait sauter tous les ponts et la cathédrale. Ils n'ont pas bougé le petit doigt. Les Allemands partis, des FFI aux brassards tout neufs sont venus parader 24 heures après avec quelques soldats américains très intéressés par les bouteilles de mirabelle qui avaient échappé au pillage teutonique. Les FFi ont brutalisé de façon ignoble six femmes qui avaient couché avec les "doryphores". Scène atroce que je n'oublierai jamais.
La "libération" n'a pas été vraiment joyeuse. Pendant longtemps, il était même interdit de rire dans la rue. "Par respect pour nos ruines".
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Mer 5 Sep 2007 - 17:14

Excellent témoignage, qui remet quelques pendules à l'heure Wink
Nos plus chaleureux remerciements de notre part à votre ami !
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Mer 5 Sep 2007 - 23:38

je transmets!


il me dit qu'il a été fortement inspiré du regretté Henri Amouroux.
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Jeu 6 Sep 2007 - 9:19

Deux visions de la libération de Paris somme toute assez différentes:
- l’une qui voit les américains partout
- l’autre qui ne les voit nulle part
Mes quelques réminiscences historiques semblent accorder quelque crédit à la seconde ... Wink
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Sam 8 Sep 2007 - 0:37

Vous n'allez pas tout d'un coup biffer d'un trait de plume le rôle joué par l'Amérique pour libérer notre pays.

Ne nous contentons pas d'un seul témoignage.

Les américains sont rentrés dans Paris, après Leclerc et les FFI, certes !
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Sam 8 Sep 2007 - 9:24

Nous parlions de la seule "libération de Paris", qui doit manifestement beaucoup à nombre d'intervenants ("boches" compris) sans lesquelles elle aurait pu être une tragédie. L'histoire (avec une petit h) est parfois tortueuse et traversée comme souvent par des considérations politiques pas forcément glorieuses. Heureusement quelquefois ...
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   Dim 9 Sep 2007 - 13:57

Certes !
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MessageSujet: Re: La seconde guerre mondiale   

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