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 Crise financière

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MessageSujet: Crise financière   Mer 22 Aoû 2007 - 14:09

dimanche 5 août 2007


Turbulences financières.



Les français affectés par la baisse de leur pouvoir d’achat (voir l’article précédent) sont à présent confrontés à une autre mauvaise surprise: la fonte de leurs économies placées en bourse. En réalité, la baisse du CAC 40 n’est pourtant qu’un évènement mineur comparé aux risques que représenterait une crise financière mondiale. A bien des égards, les évènements actuels rappellent en effet les prémisses de la grande dépression. Par exemple, le système bancaire allemand vient de vivre une semaine très éprouvante. Selon le directeur de l’agence de surveillance des marchés financiers « la plus grande crise financière depuis 1931 » n’a été évitée, qu’in extremis, grâce au renflouement d’une banque menacée de faillite. De telles déclarations sont loin d’être rassurantes (1).

Tout d’abord, essayons d’expliquer les faits de la manière la plus simple possible. Certaines banques américaines ont attribué des crédits immobiliers excessifs à leurs emprunteurs en contrevenant aux règles élémentaires de l’orthodoxie financière (2). En outre, elles ont prêté à des ménages insolvables et à des mauvais payeurs (les « subprimes »). Tous ces crédits ont proliféré au point de représenter en 2006 la somme colossale de 600 milliards $ (1/3 du PIB français). Tant que le marché immobilier américain est resté orienté à la hausse, les ménages insolvables ont eu la possibilité de revendre leurs maisons pour rembourser leurs emprunts. A présent, avec l’éclatement de la bulle immobilière, la valeur des maisons ne couvre plus les prêts consentis et les banques n’étant pas remboursées se trouvent acculé à la faillite.
Cette histoire digne des « raisins de la colère » déborde le cas américain. En effet, dans le cadre de la globalisation, toutes les banques s’empruntent mutuellement au jour le jour pour résorber leurs pics de trésorerie. Lorsque des banques spécialisées dans l’immobilier aux USA ne peuvent plus rembourser les banques allemandes, ces dernières, à leur tour, n’honorent plus leurs échéances à l’égard de banques japonaises ou françaises. On assiste ainsi à un phénomène de contagion mondiale.

Si la crise financière s’étendait, elle se propagerait à l’économie réelle. Etant de proche en proche affectées par des difficultés de trésorerie, les banques devraient réduire tous leurs crédits. Mieux encore, comme elles ne gardent en liquide que 8% des dépôts qui leur sont confiés (3) elles ne pourraient plus faire face aux retraits d’argent des particuliers. De leur coté, à défaut de nouveaux crédits, les entreprises n’investiraient plus. On entrerait ainsi dans une spirale déflationniste comparable à la grande dépression des années 30.

Toutefois, nous n’en sommes pas encore là. Compte tenu de la forte croissance mondiale et surtout de la hausse de matières premières, les liquidités placées dans les banques restent abondantes et devraient leur permettre de résister au choc. En dernier recours, le Trésor américain, le FMI et les Banques Centrales pourraient injecter des liquidités dans le système quitte à relancer l’inflation puisque la monnaie ainsi fabriquée servirait en fait à éponger des pertes. J’essaye ainsi de vous rassurer mais je suis néanmoins inquiet : l’importance des sommes en jeu est sans commune mesure avec les chocs précédents et si la crise se propageait aux autres produits dérivés (1600 milliards de $ spéculatifs), elle pourrait alors devenir incontrôlable.

S’agissant de vos propres économies, il n’existe pas de solutions évidentes. Il ne sert à rien de changer de banque ou de monnaie puisque toutes les places, de l’Australie à l’Europe, sont touchées. Faut il investir dans la pierre? Les prix restent pour le moment prohibitifs et la généralisation de la crise entraînerait un éclatement de la bulle immobilière, notamment dans le secteur des résidences secondaires. En vérité, face à un phénomène d’ampleur mondiale, il faut surtout rester, au moins pour le moment, le plus « liquide » possible et s’écarter de tous les produits risqués et notamment des placements « dynamiques » recommandés par les banques qui en tirent de juteuses commissions !

Sachant que le pire n’est jamais certain, passez de bonnes vacances quand même !

Gérard Pince

(1) La grande presse s’efforce de ne pas affoler le public. Pour détourner l’attention, on préfère inventer de fausses polémiques (ventes d’armes) ou raconter des balivernes insipides (le « bonheur » de telle ou telle présentatrice ; les vacances de Sarkozy etc.).

(2) Il s’agit de la technique consistant à « recharger le crédit hypothécaire ». En substance, on a financé des dépenses de consommation au moyen de prêts à long terme ! Une entreprise qui procéderait ainsi aurait très vite un fonds de roulement négatif. Il s’est pourtant trouvé un économiste français, conseiller du gouvernement et habitué des plateaux de télévision, pour approuver ce système et recommander son application en France!
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MessageSujet: Re: Crise financière   Mer 22 Aoû 2007 - 14:12

mercredi 15 août 2007

Turbulences financières : acte 2

Les causes et les effets possibles de la crise actuelle ont été analysés par l’article du 5 août. Quels sont les éléments nouveaux intervenus depuis lors ?

En premier lieu, les Banques Centrales ont injecté en quelques jours, des sommes colossales afin de rétablir la liquidité du marché interbancaire. Il est beaucoup trop tôt pour évaluer l’incidence d’une telle injection (relance de l’inflation ou compensation d’une dépression). La BCE ayant été la plus active, on observe dès à présent un léger tassement de l’euro par rapport au dollar. (1)

En dépit de cette intervention, les résultats restent contrastés. Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles et la confiance ne parvient pas à se rétablir. Par ailleurs, les Banques Centrales ne pourront pas continuer indéfiniment à injecter des liquidités sans prendre le risque de créer de nouveaux déséquilibres.

En second lieu, le prix du pétrole a baissé de 10% en une semaine. Dans le sillage du pétrole, tous les métaux, à l’exception de l’or, sont aussi en recul. J’attire votre attention sur ce fait qui n’a pas été souligné par les commentateurs et qui donne pourtant un double signal: d’une part, les traders diminuent leurs achats de pétrole dans la perspective d’un ralentissement de la croissance mondiale. La crise financière serait donc bien en train de contaminer l’économie réelle. D’autre part, cette baisse risque de mettre en difficulté les hedge funds qui représentent un risque d’insolvabilité plus important que les crédits immobiliers. (2)

L’échéance de fin août risque de s’avérer décisive avec le dénouement de nombreux contrats à terme. Soit les marchés se stabiliseront, soit ils plongeront pour de bon.

Gérard Pince

(1) 300 milliards d’euros dont 200 en net ont été injectés (Environ 150 par la seule BCE). Cette expérience démontre « in vivo » que les marchés ne s’autorégulent pas toujours, contrairement à ce que prétendent les théoriciens libéraux.
(2) L’activité des hedge funds consiste à « parier » sur l’évolution future de différents indices économiques : taux de changes, taux d’intérêts, indices synthétiques des bourses, cours des matières premières. On peut dire en simplifiant que cette activité se traduit soit par un effet de levier (gagner beaucoup en misant peu) soit par un effet de massue (se ruiner en cas de pari perdu). Malheureusement, les banques ont financé cette spéculation: encours estimé à 1600 milliards de dollars !
(3) je publie ici ma réponse à une question posée hors blog: Les interventions des banques centrales prennent toujours la forme de prêts aux banques primaires, gagés par les créances de ces dernières. L'échéance varie en fonction de celle de la créance sous jacente: trois mois pour une traite commerciale ( réescompte classique) , plusieurs années calées sur l'amortissements pour les prêts à moyen ou long terme consentis par les banques primaires à leurs clients. Dans le cas qui nous intéresse, les prêts des banques centrales ont été consentis pour des échéances très courtes ( 2 ou 3 jours) mais renouvelables. Par exemple la banque centrale me prête 200 à deux jours; à échéance je lui rembourse les 200 mais j'emprunte à nouveau 180 et ainsi de suite. C'est pourquoi j'ai parlé du net injecté par opposition aux flux bruts. En principe les créances en garantie sont toujours de premier ordre car sinon, la banque centrale émettrait de la monnaie de mauvaise qualité. Toute cette liquidité ne devrait pas , à mon avis, refluer rapidement bien que M3 ait cru plus vite que le PIB au cours des derniers mois dans la zone euro, ce qui devrait logiquement plaider en faveur d'un prochain relèvement des taux de la BCE. S'agissant de l'échéance d'août, je vise surtout le dénouement des "futures" sur les matières premières qui pourrait prendre à revers les opérateurs (hedge funds)
Un mot enfin pour expliquer l'origine de la monnaie de la banque centrale. Il faut savoir qu'on imprime en permanence des billets qui sont remis périodiquement à la banque centrale. Par convention, ces billets entreposés dans les réserves sont considérés comme de simples vignettes tant qu'ils n'entrent pas dans le circuit de l'émission. Les vignettes deviennent des billets de banque à l'occasion des deux opérations suivantes:
1-Chaque jour, les banques retournent à la banque centrale des billets usagés qui sont détruits et remplacés par des billets neufs ( les vignettes!). Il ne s'agit pas ici d'une création monétaire puisque le nombre de billets détruits est égal au nombre de billets neufs émis. C'est pourquoi vous avez toujours des billets neufs dans les distributeurs (C'est aussi pourquoi il est vain de rayer la Turquie sur les billets de cinq euros puisque ceux ci, étant détériorés, sont aussitôt remplacés par des neufs)
2-les banque peuvent aussi solliciter des prêts de la banque centrale en échange d'actifs. Il s'agit alors d'une création monétaire puisque la monnaie prêtée s'ajoute à la masse monétaire existante. En principe, cette création monétaire correspond à un accroissement de l'activité économique et se justifie donc parfaitement. En revanche, dans le cas qui nous intéresse, la diminution de l'activité ( pertes) ne devrait pas justifier une création monétaire qui pourrait contrarier l'assainissement souhaitable. Toutefois, les risques de contagion étant avérés, nécessité fait loi dans ce domaine comme dans les autres.
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MessageSujet: Re: Crise financière   Mer 22 Aoû 2007 - 14:14

dimanche 19 août 2007

Turbulences financières : le temps des polémiques

Les solutions apportées à une crise financière ne sont jamais politiquement neutres. Par delà leur aspect technique, elles avantagent ou pénalisent certaines catégories sociales. Il faut donc analyser la crise sous cet angle pour savoir comment défendre vos intérêts.

Je passe brièvement sur les arguties idéologiques. Pour les socialistes, la crise révèlerait les vices de la mondialisation libérale. En fait, le capitalisme passe par des cycles d’expansion ou de dépression avec au bout du compte un solde positif tandis que l’économie socialiste n’enregistre qu’un seul cycle conduisant à un appauvrissement inexorable. De leur coté, des libéraux dogmatiques prétendent que la crise aurait pour origine des réglementations étatiques en Californie. Tous les experts lucides savaient pourtant bien que la mondialisation recélait des boites noires susceptibles de jouer des tours pendables à l’ensemble du système (se reporter à l’article du 28 Juillet)

La première polémique porte sur l’intervention des banques centrales. Leur action massive, en rassurant les marchés et en empêchant un krach, a permis aux gros investisseurs de vendre à temps en limitant leurs pertes (1). En revanche, les petits actionnaires, à leur retour de vacances, risquent d’assister à un grand plongeon des actions. On leur dira que les bourses vont remonter, en se gardant de rappeler que ce n’est qu’en 1950, que les actions en dollars constants ont retrouvé leur niveau de 1929. On leur dira aussi que la bourse reste le meilleur investissement, en oubliant de préciser qu’à long terme nous serons tous morts, comme le disait fort justement Keynes.

La seconde polémique concerne le taux de la BCE. La masse monétaire (M3) ayant déjà cru à un rythme supérieur à celui du PIB dans la zone euro au cours des mois précédents la crise, les injections massives de la BCE (200 milliards d’euros soit 2,5% du PIB de la zone euro) ont donc renforcé cette tendance. Nous avions déjà signalé une inflation par les coûts (se reporter à l’article du 3 août). L’excès de liquidité injecté pourrait se traduire par une inflation par la demande. Afin de faire refluer ces pressions inflationnistes, la BCE devrait donc augmenter son taux directeur. De leur coté, nos élites réclament sa baisse afin de refinancer la dette publique à moindre coût. Si la BCE cédait à ces pressions, elle irait à contre courant de sa politique et susciterait la défiance des cambistes internationaux. Il en résulterait une relance de l’inflation, une chute rapide de l’euro et un risque d’implosion à plus ou moins long terme.

Vous mesurez l’enjeu politique de cette affaire: ou bien poursuivre la fuite en avant, laisser libre cours à la spéculation, se satisfaire du spectacle de voyous paradant sur des yachts ou s’aspergeant de champagne sur les plages de St Trop; ou bien défendre notre pouvoir d’achat, nos épargnes et nos retraites, en assainissant les finances publiques et les politiques de facilité qui sont à la source de cette crise.

J’espère, sans trop y croire, que les marchés vont se stabiliser. On saura très vite si la crise est derrière nous ou bien si elle risque de croître et d’embellir! Pour le moment, méfiez vous de tous les conseils et notamment de ceux des banques. Dites vous bien que si leurs employés étaient aussi infaillibles qu’ils le prétendent, ils auraient déjà fait fortune et ne seraient pas derrière un guichet (3).

Gérard Pince

(1) Je ne m’attendais pas à ce que la BCE intervienne aussi vite et aussi fort d’autant plus que nous n’avons pas connu jusqu’à présent un véritable krach (10 à 20% de chute des indices en une seule séance) Il faut donc croire que la crise de liquidité des banques était beaucoup plus importante qu’on ne pouvait le soupçonner de l’extérieur.
(2) À l’inverse, la masse monétaire américaine est restée en cohérence avec le PIB US ce qui a permis à la FED d’abaisser son taux. On connaît les causes de cette distorsion entre les deux zones: le poids des systèmes sociaux européens nourrit une demande sans contrepartie productive qui pousse la masse monétaire à la hausse.
(3) Le même avis s’applique à la presse financière. Vous pensez bien que si les journalistes avaient de vrais « tuyaux », ils ne gagneraient pas leur vie en gribouillant du papier.
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MessageSujet: Re: Crise financière   Jeu 23 Aoû 2007 - 14:56

Crise immobilière et financière aux USA: marchés accusés, état coupable (2)

par Vincent Bénard (institut Hayek)



Dans ma récente note sur la crise de l'immobilier aux USA, j'incriminais la responsabilité des puissances publiques (locales et fédérale) américaines dans la formation de la bulle immobilière, et ce sous deux aspects: augmentation des taux d'intérêts forcée par la politique irresponsable de creusement des déficits publics menée par les dirigeants en place, et réglementation excessive de la construction en certains endroits, qui a conduit à sur-évaluer artificiellement la valeur des biens immobiliers gageant les crédits à haut risque appelés crédits subprime.

J'étais encore en dessous de la vérité.

L'analyse qui précède me laissait partiellement insatisfait, car elle ne répondait pas à la question suivante: Pourquoi, nom d'un banquier, les établissements de crédit se sont ils montrés aussi laxistes dans leur politique d'octroi de crédit subprime, dont ils savent pourtant parfaitement qu'ils ne sont pas des plus sûrs ? Pourquoi les 2/3 des prêts accordés à San Francisco étaient ils des prêts subprime en 2006, alors que la moyenne nationale, en 2002, n'était que de 10% ?

C'est l'immense Thomas Sowell qui m'a fourni l'explication, naturellement introuvable dans la presse généraliste française : dans cette tribune qu'il consacre essentiellement aux règlementations foncières votées par les politciens, il évoque incidemment les effets d'une législation appelée Community Reinvestment Act (CRA), qui force les établissements de crédit à prêter à des personnes auxquelles de tels prêts ne seraient sans cela pas accordés. Recherche faite, le CRA est une loi votée en 1977, à l'apogée de l'ère interventionniste et socialisante de l'état fédéral US (Johnson, Nixon, Carter. Tout est dit !), afin d'obliger les établissements de crédit à ''satisfaire les besoins de crédit de l'ensemble de leur communauté''. Tous les établissements financiers adhérents du FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation, organisme public assurant les déposants contre la faillite des établissements bancaires) doivent, en contrepartie, se soumettre à des ratios de prêts aux populations à risque, et font l'objet de ''testings'' pour s'assurer qu'ils ne pratiquent pas de discrimination par le crédit.

Bref, si les banques prêtent à des familles dont la solvabilité est mal assurée, c'est parce qu'une loi les y oblige *, et parce que face à l'augmentation irrationnelle des prix de l'immobilier, les familles emprunteuses voient leur rating se dégrader, et sont donc obligées de recourir à ce type de prêt pour pouvoir se loger.


C'est là que l'on s'aperçoit des dégâts que peuvent faire les politiciens quant ils prétendent se substituer aux forces du marché pour ''micro-manager'' l'économie et "faire le bonheur des moins riches". La loi en question a en effet eu des effets pervers redoutables.

Là où une banque française joue son rôle prudentiel en n'ouvrant pas de ligne de crédit à un ménage insuffisamment solvable, la loi américaine, pour une fois plus interventionniste et socialiste que la nôtre, oblige les établissements bancaires à mentir à leurs clients et à leur faire croire qu'ils constituent une clientèle solvable, pour respecter les ratios légaux. Ceci se paie, pour le ménage emprunteur: un risque plus élevé est compensé par des taux variables, relevés par rapport à un crédit classique, et la maison est toujours hypothéquée. Bref, un passeport pour la banqueroute personnelle (encore qu'avec un taux de crédits sinistrés de 14%, pour l'instant, la situation soit grave mais pas désespérée).

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Les banques locales savent parfaitement que la loi les oblige à assumer des créances pour le moins douteuses. Comment ont elles géré cette situation ?

Tout simplement en se débarrassant des dites créances, en les revendant à des fonds d'investissements ou à des organismes spécialisés dans le placement de produits aux noms ésotériques tels que les ''structurés de crédit'' ou les ''collateralized debt obligations''. Et pourquoi ces fonds d'investissements ont ils racheté ces créances bancales ?

Parce qu'ils sont économistes mais pas urbanistes, qu'ils ont cru que la hausse de l'immobilier avait des causes exclusivement liées à des phénomènes monétaires ; parce qu'ils ont donc cru que les faillites seraient couvertes par des maisons dont la valeur monterait régulièrement (la dette est assise sur un actif ''collatéral'') ; parce que contrairement au petit banquier du midwest qui sait pertinemment que récupérer une maison après une forclusion est rarement une bonne affaire (il faut la revendre, les maisons saisies sont rarement en bon état, quand l'ex propriétaire expulsé n'y a pas apporté de dégradation volontaires par vengence, etc...), les hedge funds n'avaient pas nécessairement cette expérience du prêt immobilier ; parce que de fait, ils ont cru que la volonté des emprunteurs de ne pas perdre leur maison les rendait plus fiables qu'ils n'étaient en réalité ; enfin et surtout, parce que trop longtemps, une politique d'argent trop facile menée par la FED (encore un monopole public, soit dit en passant) a favorisé le mal-investissement ; Parce que les clients des hedge funds spécialisés dans ce type de placement, peu habitués à des produits financiers totalement nouveaux et ésotériques dans leur fonctionnement, n'en ont pas correctement analysé les risques.

Et voilà pourquoi les difficultés de Bear Stearns et de quelques autres provoquent un début de panique sur les marchés financiers, alors que les risques sur les ''subprime mortgage'' ne représentent que 100 Milliards de dollars sur 8400 milliards d'encours de crédit, ce qui devrait limiter la crainte des opérateurs.

Résumons l'enchainement des causes et effets (interventions étatiques en italique) : --> les lois foncières et un crédit bon marché (FED) provoquent une flambée des prix immobiliers
--> la notation des emrpunteurs se dégrade
--> Ils doivent recourir à des crédits à risque
--> la loi fédérale empêche les prêteurs de jouer leur rôle prudentiel
--> l'excès de liquidité provoqué par une FED laxiste permet aux banques de revendre les créances boiteuses à des investisseurs fourvoyés dans des mal-investissements sur des produits qu'ils connaissent mal
--> les taux augmentent à cause des déficits excessifs de l'état fédéral
--> les emprunteurs sont pris à la gorge
--> leurs créances sont en défaut
--> les ventes de maisons saisies se multiplient
--> Les prix se cassent la figure
--> les actifs sur lesquels étaient assis les produits financiers "collatéraux" ne couvrent plus les défauts de paiements
--> des grands fonds d'investissement se retrouvent au bord de la cessation de paiement
--> les marchés sont déstabilisés
--> unhappy end : le public, la presse et les politiciens crient au dysfonctionnement des marchés et à la cupidité de ses acteurs.


Les lois foncières, tout comme celles régissant le crédit, ont en fait complètement distordu les signaux adressés par le marché à tous les acteurs de cette bulle, qui de fait ont pris de mauvaises décisions : ménages emprunteurs, banques prêteuses, et investisseurs collecteurs de créances. Avec les résultats désastreux que l'on constate aujourd'hui, notamment pour les familles modestes expulsées.

Il est de bon ton de blâmer l'ultra-libéralisme débridé des USA quand quelque chose va mal, et gageons que la presse française s'en donnera une fois encore à coeur joie dans ce registre. Pourtant, une fois encore, la réalité est bien différente. C'est l'interventionnisme de l'état dans le fonctionnement des marchés - en clair, le socialisme - qui, là bas comme ailleurs, fait le malheur de ses victimes, au premier rang desquels les ménages humbles qu'il prétend aider.

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* Sentant sans doute venir le coup, la FDIC a obtenu un léger assouplissement du texte pour les prêteurs en 2005. Trop peu, trop tard...
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MessageSujet: Re: Crise financière   Lun 3 Sep 2007 - 12:35

dimanche 2 septembre 2007

Turbulences financières : la victoire des Banques centrales

L’échéance de la fin août étant passée, la crise financière est à présent moins menaçante. Même s’ils restent encore nerveux, les marchés boursiers semblent rassurés par les interventions des Banques centrales qui se sont poursuivies tout au long de la semaine écoulée. Le Président Bush est à nouveau monté au créneau pour confirmer la solidité de l’économie américaine. La FED a réaffirmé sa volonté de fournir toutes les liquidités nécessaires. Enfin, la BCE cédant aux pressions, pourrait assouplir sa position sur les taux (ce qui serait d’ailleurs à notre avis une erreur). Nous ne sommes pas encore à l’abri de mauvaises surprises mais les probabilités penchent désormais dans le sens d’une normalisation progressive de la situation.

La réaction des deux principales Banques centrales s’est avérée décisive. Elles étaient déjà intervenues après les crises boursières d'octobre 1987 et de 2001, mais à notre connaissance, c’est la première fois que leur action se prolonge ainsi pendant plusieurs semaines. L’injection monétaire pour éponger des pertes risque pourtant de se traduire par des troubles sur le marché des changes ou par la relance de l’inflation. En fait, on escompte sans doute un accroissement des importations de produits chinois et indiens à bas prix pour contrebalancer l’effet inflationniste des masses d’argent qui viennent d’être déversées. L’avenir dira quelles en seront les conséquences au niveau de l’économie réelle.

Plusieurs leçons se dégagent : en premier lieu, on ne peut pas dire avec les socialistes ou les alter mondialistes, que les marchés manquent d’instruments de régulation. Nous sommes loin du temps ou au plus fort de la crise de 1930, le Président américain laissait faire les marchés en attendant « la reprise qui était au coin de la rue ». Bien loin d’être anarchique, le système des banques centrales s’est révélé réactif, organisé et hiérarchisé. Certains libéraux dogmatiques s’en désolent: fallait-il donc laisser une crise systémique entraîner les unes après les autres, les banques et leurs déposants dans la faillite?

En revanche, les banques et les spéculateurs qui ont pris des risques excessifs ne sont pas sanctionnés par le marché. On a sauvé tout le monde: les bons, les brutes et les truands! Le risque étant ainsi minoré, il faut s’attendre, selon certains, à de nouvelles bulles spéculatives. Reconnaissons toutefois que l’extension de la globalisation rend caduque nos analyses héritées du passé.

Gérard Pince
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MessageSujet: Re: Crise financière   Sam 14 Juin 2008 - 9:33

Economie : Pour Angela Merkel le modèle financier anglo-saxon a montré ses limites

Dix ans après la création de la Banque Centrale Européenne (BCE), Angela Merkel trace, dans un entretien accordé le mercredi 11 juin au journal britannique Financial Time, un premier bilan positif de l’action de celle-ci. La chancelière fédérale d’Allemagne salue la force et la stabilité de la monnaie unique, soulignant que l’Europe est désormais parvenue à son indépendance économique grâce à son marché intérieur et qu’à ce titre elle ne devrait plus être aussi dépendante du système financier anglo-saxon. Pour Angela Merkel, celui-ci a montré ses limites, notamment avec la crise des subprime. Elle va jusqu’à préconiser la création d’agences de notation strictement européennes qui devront être plus transparentes et adopter un code de conduite. [suite]

En fait rien de bien nouveau. Il s’agit de la réaffirmation des valeurs du capitalisme rhénan versus le capitalisme anglo-saxon. Le premier vise le productif et le long terme, le second le spéculatif et le court terme, d’où justement la crise des subprimes ... et du recours à l’endettement. Alors capitalisme "autoritaire" ou nécessaire moralisation de pratiques douteuses ? D’un stricte point de vue économique, la sortie d’Angela est intéressante ...
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MessageSujet: Re: Crise financière   Ven 22 Aoû 2008 - 12:09

Economie : La Réserve fédérale comme Soviet suprême et les Etats-Unis en seconde division ?
L’économie américaine court clairement à sa perte. La Réserve fédérale (Federal Reserve System, Fed), la banque centrale américaine, ne sait pas comment gérer le problème de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux colosses bancaires qui ont financé les 3/4 des crédits hypothécaires actuellement en cours aux Etats-Unis. Le total des pertes inscrit au bilan des deux banques, causées par l’insolvabilité des débiteurs et par la perte de valeur des biens immobiliers sur lesquels étaient inscrites les hypothèques, est estimé à mille milliards de dollars, l’équivalent de la dette publique américaine !
Après que la valeur boursière des deux sociétés ait chuté de 75 % en trois mois, la banque centrale a accompli le 12 juillet dernier un acte « révolutionnaire » et authentiquement antilibéral : elle a interdit la vente à découvert des deux titres (et ceux d’une vingtaine d’autres banques se trouvant dans des situations similaires).
Deux siècles de capitalisme libéral effacés en une seconde par une décision dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle a fait du bruit. Certains opérateurs ont ironisés en faisant circuler des messages où ils demandaient : « à quand les cours boursiers imposés par la loi ? »
Depuis avant-hier, le cours des deux titres, après une brève éclaircie due à l’initiative de la Fed, ont à nouveau chuté et ont crevé le plancher qu’ils avaient atteint le 11 juillet, avant que la banque centrale ne prenne sa décision historique. La situation est désespérée. A ce point, la tentative factieuse d’empêcher par la loi l’effondrement des cours et donc la faillite juridique des banques (vu que leur faillite technique est d’ores et déjà une réalité) ayant échoué, la Fed n’a qu’une seule alternative : NATIONALISER les deux banques et inscrire leur dette de mille milliards de dollars au bilan fédéral. La conséquence est importante : en un instant la dette publique américaine serait multipliée par deux et il ne resterait alors aux agences de rating telles que Standards & Poors ou Moodies de ramener la notation du système américain au niveau de certains pays émergents comme le Mexique ou Taïwan.
Angelo Cornelio Albertazzi pour NoReporter
Traduit de l’italien par Edouard Giraud pour Novopress France
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MessageSujet: Re: Crise financière   Mar 30 Sep 2008 - 10:52

Le congrès US qui vient de rejeter le plan Paulson ne pourra se réunir avant jeudi, car il sera fermé mardi et mercredi en raison ... de la fête juive de Rosh Hashana.
[Source]
Les affaires du monde attendront ...
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MessageSujet: Re: Crise financière   Jeu 2 Oct 2008 - 14:03

Arrow La partie est finie

Le crash boursier de 2008, qui a maintenant volé 3 milliards de dollars à la richesse de notre pays, est, comme celui de 1929, sur le point de marquer la fin d’une époque et le début d’une nouvelle.

Cette nouvelle ère verra une Amérique plus sobre et plus diminuée. « La nation omnipotente » et « la nation indispensable » que nous avons connu dans tout son orgueil et sa vanité est désormais de l’histoire ancienne.

En parlant de cette crise, la gauche dit que nous sommes en train d’assister à l’échec de l’économie de marché et à celui du conservatisme.

C’est un non-sens. Ce à quoi nous sommes en train d’assister, c’est l’écroulement du capitalisme à la Gordon Gecko (1). Ce à quoi nous sommes en train d’assister, c’est ce qui arrive à une nation trop confiante qui ignore le passé, oublie et abandonne les principes et la philosophie qui ont fait d’elle une grande nation.

Un vrai conservateur chérit la prudence et croit en la responsabilité financière, un budget équilibré et en une république indépendante. Il croit aux économies pour sa retraite et pour les jours moins heureux. Il sait vivre sans crédits qu’il ne pourrait pas rembourser et il sait aussi vivre dans ses moyens.

Est-ce vraiment le fait d’avoir suivi trop religieusement les prédications de Robert Taft (2) et de Russel Kirk (3) qui a mis Wall Street et nous autres dans de beaux draps ?

« Le gouvernement doit nous sauver ! » s’écrie la gauche, comme toujours. Cependant, qui nous a mis dans ce pétrin si ce n’est le gouvernement - la banque fédérale avec son argent facile, Bush avec ses dépenses outrancières ainsi que le Congrès et la Commission des titres financiers et des bourses (4) qui ont dérégularisé Wall Street et renoncé depuis longtemps à y intervenir pour arrêter l’orgie ?

Depuis des années, nous autres, Américains, avons dépensé bien plus que nous ne gagnons. Nous n’économisons rien. Dettes de cartes de crédit, dettes de crédit à la consommation, dettes immobilières, dettes pour acheter une automobile, dettes d’entreprise - toutes atteignent des niveaux record. Et avec la disparition des économies et des pensions de retraite, la plupart de ces dettes ne seront jamais remboursées. Notre mode de vie court inévitablement à sa perte. Les investisseurs étrangers ne vont pas éternellement acheter nos obligations ou nous prêter de l’argent s’ils craignent à juste titre d’être remboursés en monnaie de singe ou pas remboursés du tout.

Nous allons devoir réapprendre à vivre en nous passant de nos moyens.

La partie est finie.

Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, nous avons suivi la théorie d’Hamilton selon laquelle l’Amérique devait rester économiquement indépendante du reste du monde afin de maintenir son indépendance politique.

Mais la génération actuelle (*) a décidé que ces idées-là étaient dépassées et que nous devions marcher bravement vers une économie globale mondialisée où chacun dépend des autres. Les compagnies américaines se sont transformées en multinationales qui ont délocalisées leurs usines au Mexique, en Asie, en Chine ou en Inde et nous avons donc commencé à acheter moins cher à l’étranger des produits que nous fabriquions jusqu’alors chez nous : chaussures, vêtements, vélos, voitures, radios, télévisions, avions, ordinateurs.

Alors que les déficits commerciaux ont commencé à atteindre inexorablement les 6% du P.I.B., nous nous sommes mis à emprunter en masse à l’étranger pour continuer à y acheter.

Chez nous, les réservent se sont épuisées et des déficits sont apparus, réductions d’impôts, guerre en Irak et explosion des dépenses sociales obligent. Le dollar a commencé à sombrer alors que l’or s’est envolé.

Pourtant, les promesses des politiciens ne se tarissent pas. Barrack Obama nous apportera une assurance maladie nationale et encore des réductions d’impôts sauf pour les 2% de la population qui supportent déjà 50% de la charge d’impôts.
John McCain veut lui aussi des réductions d’impôts, augmenter le budget militaire, faire entrer la Géorgie et l’Ukraine dans l’OTAN, se confronter avec la Russie et empêcher l’Iran d’enrichir de l’uranium sinon « des bombes ! des bombes ! des bombes ! », avec Joe Lieberman (5) comme conseiller militaire.

De qui se moque-t-on ?

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est ni plus ni moins que la façon dont les empires s’éteignent.

La dernière superpuissance mondiale est incapable de défendre ses frontières, de protéger sa monnaie, de gagner ses guerres ou d’équilibrer son budget. Les dépenses médicales et sociales sont telles qu’elles atteignent des milliards de milliards de dollars.

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est rien d’autre que l’échec, comme lors de l’ouragan Katrina, du gouvernement, de notre classe politique et de la démocratie elle-même, faisant planer le doute sur l’avenir du système.
Remarquez qui gère la crise. Non pas nos dirigeants élus. Nancy Pelosi (6) a déclaré qu’elle ne peut rien y faire. Le Congrès est paralysé et à la rue.

Hank Paulson, de la banque Goldman Sachs, et Ben Bernanke, de la Banque Fédérale américaine, ont choisi de renflouer Bear Sterns mais ont laissé couler Lehman Brothers. Ils ont décidé de nationaliser les banques Freddie Mac et Fannie Mae, ce qui coûtera aux contribuables des centaines de milliards de dollars, mettant l’État à la tête de dettes atteignant 5 milliards de milliards de dollars. Ils ont aussi préféré racheter l’American International Group (7) 85 milliards de dollars plutôt que de voir ce géant de l’assurance couler inéluctablement.

Une élite financière non élue s’est vue confier notre sauvetage du désastre et le redressement d’une situation provoquée par… une élite financière non élue. Nous sommes juste des spectateurs.

Ce que nos ancêtres nous ont légué, à savoir la république la plus riche, la plus puissante, la plus indépendante de l’histoire, avec le plus haut niveau de vie jamais atteint, les enfants du baby-boom, négligents et orgueilleux, l’ont gaspillé en une génération.

Par Patrick J. Buchanan
Traduit de l’américain et annoté par G.W. Blakkheim pour Novopress France

(1) Personnage du film américain Wall Street, un investisseur dont la devise était « L’avidité, c’est bien ! »
(2) Homme politique américain, membre du parti républicain, inlassable détracteur de la bureaucratie dont il dénonce les lenteurs et les carences au détriment des droits individuels des citoyens.
(3) théoricien politique, écrivain, historien, moraliste et critique américain, connu pour son influence majeure sur le conservatisme américain du XXe siècle.
(4) Securities and Exchange Commission (S.E.C).
(5) Ex-sénateur démocrate, partisan farouche de la guerre en Irak.
(6) Femme politique américaine, membre du parti démocrate et représentante du 8e district de Californie au Congrès des États-Unis depuis 1987. Elle est la chef de file du parti démocrate à la Chambre des représentants depuis 2002.
(7) L’une des plus grosses société d’assurances au monde.

http://fr.novopress.info/?p=13435#more-13435

(*) noter perso: une "certaine partie" de cette génération ... à qui il faudra bien demander des comptes le moment venu. Wink
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MessageSujet: Re: Crise financière   Ven 3 Oct 2008 - 21:55

Qui est Henry Paulson ?

Le texte qui suit est tiré d’un site trotskyste, World Socialist Web Site et publié par un hypothétique Comité International de la Quatrième Internationale. Il contient néanmoins des informations intéressantes sur Henry Paulson, le secrétaire d’Etat américain au Trésor, d’où sa présence sur Novopress. Un texte « de l’autre bord » à mettre en perspective avec ceux de Patrick J. Buchanan, publiés ci dessus.

[suite ...]
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MessageSujet: Re: Crise financière   Ven 10 Oct 2008 - 10:35

La crise financière vient de connaître jeudi soir une accélération brutale et très inquiétante. Le Dow Jones a perdu plus de 7,3 % et le Nasdaq a chuté de 5,5 %. Et alors quelles différences avec les autres plongeons ? Les différences sont importantes. Tout d'abord le Dow Jones a enfoncé la barre symbolique des 9000 points pour revenir à son niveau d'août 2003. Depuis un an il a perdu 40 % de sa valeur. De nombreux Américains ont vu ce soir leurs économies partir en fumée. Ensuite c'est désormais l'économie réelle qui affronte la crise financière. Général Motors a vu son titre s'effondrer de 31 %. Or Général Motors, premier constructeur mondial d'automobiles, qui fait travailler des centaines de milliers d'Américains est ce soir au bord de la faillite. Si jamais une entreprise de cette importance, ou d'autres de la même taille, devait s'effondrer c'est toute l'économie mondiale qui entrerait dans un véritable trou noir. Tout, absolument tout, deviendrait possible. Surtout le pire. Cette nouvelle chute est enfin plus importante que les autres car désormais la crise financière semble échapper à tout contrôle. La baisse concertée des taux par plusieurs banques centrales, ce qui au niveau boursier équivaut à l'utilisation de l'arme nucléaire, n'a eu aucun effet. C'est une véritable surprise. Les grands argentiers sont KO debout et se demandent ce qu'ils peuvent faire de plus. Nous sommes donc ce soir à un tournant de cette crise. Qu'elle vienne encore à s'aggraver et la crise de 1929 viendra se rappeler à notre bon souvenir.

Depuis le départ j'ai critiqué le plan Paulson (voir notre dossier Crise financière ainsi que les dernières brèves du jour). Je suis aujourd'hui convaincu que ce plan ou les interventions identiques sous des formes déguisées en Europe auront aggravé cette crise. Car il n'y a pas que les spéculateurs qui peuvent créer des bulles. Les Etats également. Alors que les Etats-Unis ou les Etats européens étaient déjà endettés jusqu'au cou voilà qu'ils se lancent à corps perdu dans le sauvetage des banques en engraissant leurs dettes publiques en engageant des milliers de milliards. Contrairement a ce qui se dit un peu partout je suis persuadé que ces dépenses folles non seulement ne permettront pas d'empêcher la récession mais qu'elles n'auront fait que prolonger la maladie à l'origine de cette crise en maintenant artificiellement en vie ceux qui auraient du payer pour leurs fautes. Plutôt que racheter les actifs pourris des subprimes il fallait avoir le courage et prendre le risque de couper les branches pourries. Que cette bulle des déficits publics vienne à crever et alors... D'ailleurs on vient d'apprendre que le déficit budgétaire des Etats-Unis pour l'exercice 2008 (clos fin septembre) a atteint 438 milliards de dollars. Bien au-delà des prévisions. Ce montant totalise 3,1% du produit intérieur brut (PIB). Un rapport du Congressional Budget Office indique que le prochain président des Etats-Unis devra prendre des décisions radicales en matière de dépenses dès les tous premiers jours de son accession au pouvoir. Là encore mon analyse en défaveur du plan Paulson, http://www.rebelles.info/article-23195689.html, va se révéler juste. Il va falloir faire des économies. Et vite... Les talibans peuvent se frotter les mains.

David Bescond pour Rebelles.info
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MessageSujet: Re: Crise financière   Sam 11 Oct 2008 - 13:27

Nos nouveaux maîtres

Est-on en train de vivre la chute de l'Occident ? S'il tombe, en tout cas, ce sera par sa faute, à cause de sa cupidité d'abord et de sa bêtise ensuite. Une bêtise qui, pour paraphraser Renan, donne une idée de l'infini.
Tout étant garanti par l'Etat, un Etat qui, pour l'occasion, revient en force partout en Occident, il n'y a apparemment aucune raison de s'affoler. Mais non, saisis de panurgisme aigu, les boursicoteurs ou les spéculateurs ont l'intelligence des moutons de Rabelais et ne sont capables que de penser avec leurs jambes, qu'ils prennent d'ailleurs à leur cou. D'où la dégringolade des derniers jours sur les marchés.
Le système financier occidental est ainsi en train de creuser sa propre tombe. Car, à la différence de ce qui s'est passé pendant la crise de 1929, il y a aujourd'hui des actionnaires de substitution prêts à prendre notre relais : la Chine, la Russie ou les Emirats. Observez-les faire leur marché. Ils achètent à la baisse et s'installent peu à peu à l'intérieur de nos plus beaux fleurons. Au train où vont les choses, ce seront bientôt nos nouveaux maîtres.
Autant dire qu'il va falloir apprendre à ne plus garder les yeux rivés sur la volière de Wall Street : le centre du monde est bel et bien en train de changer de continent. Plus tard, dans les livres d'histoire, ce sera l'une des leçons majeures de ce qu'on appellera « la grande crise de 2008 ».
http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/nos-nouveaux-maitres/989/0/281074
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MessageSujet: Re: Crise financière   Ven 24 Oct 2008 - 17:35

Tsunami financier ou révolution démographique ?

Historiquement, lorsqu'une classe ou une partie de la population dominait outrageusement, une révolution finissait par rétablir l'équilibre. Et si aujourd'hui, alors que les révolutions sont passées de mode, les crises financières produisaient les mêmes effets ?
Dans le monde riche de ce début du XXIe siècle, c'est finalement moins une classe sociale qui domine qu'une tranche d'âge : la tranche de ceux qui sont nés dans les années d'après-guerre.
Ils ont connu les glorieuses années de croissance dans leur enfance, la libération des moeurs à l'adolescence, les prodigalités de l'Etat-providence à l'âge adulte. Ils sont généralement en bonne santé et surtout, dans les pays riches, ce sont eux qui détiennent la richesse.
L'image flamboyante de quelques rares jeunes traders ne peut suffire à dissimuler que les trois quarts du patrimoine dans les pays développés appartiennent aux plus de 50 ans et près de 50 % aux plus de 60 ans (source Insee). Cet écart de patrimoine entre tranches d'âge n'a fait que s'accroître à la faveur de la revalorisation des actifs immobiliers ou mobiliers depuis vingt ans.
Comme ils ont fait peu d'enfants et vivent plus longtemps, ils pèsent d'un poids politique croissant dans les pays riches. Avec plus de 20 % de la population au-dessus de 60 ans, jamais une civilisation n'avait compté une telle proportion de seniors et cette tranche d'âge se renforce régulièrement dans tous les pays développés.
En fin de carrière, ils sont en général désendettés. Ne demeurent qu'une dette publique colossale et des retraites à financer, mais ces passifs-là, jusqu'à récemment, on comptait bien sûr les jeunes pour les payer ou les rembourser. Et ne fantasmons pas trop sur la transmission : l'allongement de la durée de la vie des parents fait que les enfants qui héritent ont bien souvent largement dépassé 50 ans.
A qui profite donc la crise ? Il est facile de voir que les grands perdants aujourd'hui sont ceux-là mêmes qui détenaient un patrimoine, des valeurs mobilières ou immobilières. L'effondrement de la valeur des actifs les touche au premier chef.

PRÉSERVER L'EMPIRE

Mais comment ne pas anticiper l'étape suivante ? L'afflux de liquidités dont les marchés se sont repus depuis dix ans, auquel s'ajoutent les liquidités déversées en ce moment par les banques centrales et les Etats devraient logiquement finir par provoquer une vraie reprise de l'inflation dans quelques années...
Pour les débiteurs, cette inflation est une forme de bénédiction puisqu'elle réduit mécaniquement le niveau de la dette ; même effet probable sur la dette publique, cette charge reportée sur les futurs contribuables. Inversement, l'inflation finit de raboter les patrimoines sur lesquels elle prélève un impôt supplémentaire invisible.
Valeur des actifs en baisse, diminution de la valeur de la dette, il n'en faudra pas plus pour permettre aux jeunes ménages d'accéder de nouveau aux actifs.
Dans les rapports de force entre génération, cette crise a donc potentiellement des effets révolutionnaires à moyen terme. Comme les grands mouvements révolutionnaires du XXe siècle, la crise s'étend, passant d'un pays à l'autre. Les autorités supranationales se démènent pour en contrecarrer les effets : Réserve fédérale, Banque centrale européenne (BCE) ou Habsbourg, leurs efforts se déploient dans l'urgence et à travers les frontières pour tenter de préserver l'empire, de faciliter le retour à l'ordre.
Il nous manque un Marx démographe pour décrypter les tendances lourdes du conflit des générations. Mais ce à quoi nous assistons est sans doute la première étape d'un transfert global de richesse des seniors vers les juniors.
Olivier Dousset est associé fondateur de Close Brothers France.
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/10/23/tsunami-financier-ou-revolution-demographique-par-olivier-dousset_1110250_3232.html
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MessageSujet: Re: Crise financière   Dim 23 Nov 2008 - 10:55

Après Eurabia, Amerabia ?

Après Gordon Brown qui était allé au début de ce mois quémander auprès de l’Arabie Saoudite, antre du fascisme islamique, qu’elle aide financièrement le FMI, en faisant miroiter à ses dirigeants qu’ils auraient leur mot à dire sur le nouvel ordre économique mondial, voici qu’aujourd’hui les Etats-Unis demandent aux pays du golfe une enveloppe de près de 300 milliards de dollars pour lutter contre la récession qui guette le pays. Et quelles en seront les contreparties ? Encore plus de finance islamique, de dhimmitude, et de concessions sur le dos de nos libertés ? Ainsi qu’on le sait, l’Arabie Saoudite, à qui l’on doit par exemple Ben Laden ainsi que 15 des 19 auteurs du 11 septembre, n’agit pas par philanthropie, mais pour avancer les pions du fascisme islamique.

(suite ...)
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MessageSujet: Re: Crise financière   Ven 28 Nov 2008 - 11:42

Citation :
En effet, la France et les Français subissent actuellement trois crises dont les gouvernements sont collectivement responsables : une crise économique depuis 1969, une crise monétaire depuis 2004 et une crise financière depuis 2007.

La crise économique

En 1969, commence la crise économique. Depuis la Libération, depuis 1945, les gouvernements français imposent chaque année un peu plus leurs entreprises et leurs riches.

Tandis que les pays imposant moins leurs peuples, comme le Luxembourg, deviennent des « paradis » fiscaux, la France devient, elle, un véritable « enfer » fiscal.

Ces impositions sont doublement inflationnistes : elles augmentent d’abord directement les prix de revient des entreprises ; elles les privent ensuite des capitaux dont elles ont besoin pour investir. Enfin, pour lutter contre cette inflation d’origine gouvernementale, on se doit de mettre moins d’argent à notre disposition.

Ce que faisaient avant 1983 nos gouvernements avec la politique dite de rigueur, les banques centrales le font depuis 1983 en réduisant le crédit.

Plus l’inflation induite par les mesures gouvernementales (mais aussi régionales) est forte, plus la banque centrale doit réduire les crédits qu’elle accorde indirectement aux entreprises et aux particuliers. Investissements et achats à crédit se réduisent ; la progression de notre pouvoir d’achat piétine ; le chômage apparaît.

Le remède est connu : il faut réduire drastiquement les impositions des entreprises.

Les démarches actuelles du Président de la République n’ont pas pour objet de faire sortir la France de l’enfer, elles tendent, en quelque sorte, à casser le thermomètre en faisant sortir du paradis ceux qui y sont encore. S’il n’y a plus de paradis, il n’y a plus d’enfer ! D’où la chasse aux paradis fiscaux.

La crise monétaire

A partir de 2004, l’augmentation des coûts de production, plus rapide en France qu’en Allemagne, commence à déséquilibrer notre balance commerciale. Nos importations progressent, en effet, plus rapidement que nos exportations. Nos entreprises ne sont plus compétitives. Une « dévaluation compétitive » est nécessaire. Mais une monnaie commune unit nos deux peuples depuis 1999 et il n’est plus possible de dévaluer.

Depuis le début du mois de novembre 2008, les capitaux quittent massivement la France pour l’Allemagne.

Si l’on fait le bilan des investissements des entreprises françaises sur un an, elles ont investi 15 milliards d’euros en France contre 58 milliards à l’étranger.

Ce sont les gouvernements français qui sont seuls responsables du comportement « anti-français » de nos entreprises.

Le remède d’urgence est connu : imitant ce qu’a fait Schröder en Allemagne, il faut redonner de la compétitivité à nos entreprises en réduisant les charges pesant sur elles et, paradoxalement, en augmentant la TVA, le contraire de ce que vient de décider le Premier ministre britannique.

A long terme, ce remède deviendra inopérant et devra être remplacé inexorablement par une réduction considérable des dépenses publiques et non le contraire que vous nous proposez.

La crise financière

Aux deux premières crises, s’ajoute effectivement la crise financière, déclenchée aux USA non par le vilain capitalisme mais par de mauvaises interventions de la banque centrale et du gouvernement américains.

Chacun se plaît à déclarer que l’élément déclencheur de cette crise a été cette affaire de crédits « subprime » (traduction française : « sous-excellents », euphémisme qui désormais voudra dire « pourris »…).

Les « subprime » étaient des crédits à taux variables et progressifs, d’abord en dessous du prix du marché, les deux premières années, puis ensuite de plus en plus chers, et sur l’ensemble de la période du prêt, d’un taux moyen plus élevé d’environ 2 % que le taux du marché. Ils ont été accordés aux familles à faibles ressources, appartenant pour la plupart aux minorités ethniques, noires ou hispaniques, qui n’avaient aucune chance de pouvoir rembourser, sauf à espérer que les prix de l’immobilier, qui avaient déjà augmenté aux Etats-Unis de 100 % entre 1996 et 2006, continuent à monter jusqu’au ciel. La hausse considérable des taux allait ruiner les espoirs des plus optimistes.

Quelques trois millions de ces prêts ont été souscrits, ce qui représente aujourd’hui, avec un prêt moyen de 500 000 $ par famille, un encours de l’ordre de 1 500 milliards de dollars.

Les banquiers qui ont accordé ces prêts à des familles quasiment insolvables étaient-ils fous ? Bien sûr que non ! Ils sont lâches et cupides, mais pas fous ! Ils ont simplement obéi aux injonctions du gouvernement américain qui prétendait non seulement favoriser l’accession à la propriété des minorités ethniques, lutter contre les discriminations, et qui disait garantir le système !… Ils ont agi en application de lois.

Les banques privées prêteuses ont pris au passage leur bénéfice et, surtout, comme elles hypothéquaient les maisons pour garantir leurs prêts, elles ont engrangé d’énormes bénéfices, au moins dans leurs bilans.

Comme les banques américaines prêteuses gagnaient beaucoup d’argent, de nombreuses banques européennes ou japonaises, alléchées par l’odeur du profit, ont acheté de leurs actions.

Chacun connaît la suite (ou croit la connaître) : le marché immobilier s’est retourné à la mi-2007, Fannie Mae et Freddie Mac ne pouvaient plus suivre leurs garanties hypothécaires. L’Etat fédéral américain nationalisa ces bras armés de sa propre politique.

Mais entre-temps, les prêts pourris, censés rapporter 2 % de plus que le taux moyen du marché, ont été « titrisés », vendus et revendus dans des fonds, selon des techniques connues sous différents acronymes, sous formes de produits que des centaines de banques se sont littéralement arrachés. L’encours de ces produits dérivés semble être quatre à cinq fois plus élevé que celui des « subprime ».

Première question : où est passée la différence ?

Deuxième question : combien les banques françaises ont-elles réellement perdu sur les « subprime » et sur leurs dérivés ? Compte tenu des profits monstrueux réalisés par elles au cours des dernières années, on aurait pu en effet les croire plus solides devant cette crise.

A ces questions, aucune réponse ne nous est donnée, la suffisance des banquiers français n’étant surclassée que par leurs insuffisances.

L’impact sur l’économie réelle

Cette suffisance est-elle motivée par le fait que les banques seraient étrangères à l’économie réelle ? Leur activité est pourtant bien incluse dans le PIB des pays ; c’est par leur biais que particuliers, entreprises et collectivités publiques trouvent à financer leurs investissements.

En quoi échapperaient-elles au réel ? Parce qu’elles ont créé des ressources virtuelles ? Mais, quand elles facturent leurs clients, leurs factures sont-elles virtuelles ou réelles ? Et leurs bilans, sont-ils réels ou bien virtuels ?
De qui cette analyse ? Wink
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MessageSujet: Re: Crise financière   Ven 28 Nov 2008 - 13:27

Incapable de le dire ! Je sais que je l'ai lue, mais je ne sais plus où.
Ça ne doit pas être de G. Prince, je crois plutôt avoir vu ça sur les 4V, à moins que ce ne soit sur Polémia.
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MessageSujet: Re: Crise financière   Sam 29 Nov 2008 - 0:49

G pince ? les libéraux des 4 V ? Polemia ? Un peu tout ça effectivement, ce qui objective des convergences évidentes, pour tant refusées par certains. Ce texte, qu’aurait pu commettre C rReichman, émane d’une déclaration faite par Pierre Jaboulet-Verchère au Conseil régional de Bourgogne. Lequel Jaboulet-Verchère est secrétaire départemental ... du Front National.
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MessageSujet: Re: Crise financière   Mer 17 Déc 2008 - 13:21

Après la chute du communisme, celle du capitalisme !?

"J'ai abandonné les principes de l'économie de marché", dit Bush
WASHINGTON - Le président américain George W. Bush a déclaré mardi avoir renoncé aux principes de l'économie de marché face à la crise, une appréciation extraordinaire de sa part.

"J'ai abandonné les principes de l'économie de marché pour sauver le système d'économie de marché", a dit M. Bush dans un entretien accordé à la chaîne CNN.

M. Bush, défenseur aussi ardent de la libre entreprise qu'il l'est de ses principes, faisait référence aux interventions de l'Etat fédéral auquel il a consenti au cours des derniers mois face à la crise de l'immobilier, puis du crédit, et à l'intervention qui se prépare en faveur des constructeurs automobiles américains.

M. Bush s'est dit "désolé" d'avoir eu à le faire.

Mais, a-t-il expliqué, il a décidé de "veiller à ce que l'économie ne s'effondre pas".

Dans son jugement peut-être le plus sombre à ce jour sur l'état de l'économie américaine, il a estimé qu'elle se trouvait prise dans une "énorme récession".

La libre entreprise était l'un des grands principes invoqués par M. Bush face aux autres dirigeants internationaux cet automne pour s'opposer à une refondation complète du système financier.

Les limites de l'intervention publique et de la libre entreprise sont aussi l'un des enjeux de la querelle politique en cours sur les moyens de venir en aide aux constructeurs automobiles menacés de faillite.

(©AFP / 16 décembre 2008 21h51)
http://www.romandie.com/infos/News2/081216205155.ziq1mq09.asp
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MessageSujet: Re: Crise financière   Ven 19 Déc 2008 - 16:01

Citation :
Le pire de ce scandale Madoff est à venir. La crise va entraîner, en effet, des amalgames, des raccourcis idéologiques : on va jeter le bébé avec l'eau du bain. Les malversations financières, la crise financière et la sophistication opaque de ses produits vont condamner, et pour longtemps, d'une même voix le capitalisme industriel.... et la folie financière. La financiarisation de l'économie mondiale poussée à ce niveau va plomber idéologiquement l'ensemble des acteurs du marché : entrepreneurs, capitaines d'industrie, tous mis dans le même sac et jetés en pâture, victimes expiatoires d'un petit milieu de financiers. Tout cela aura un impact philosophique et éthique et pour longtemps !
Eric Revel
http://www.claudereichman.com/articles/revelfinancemondiale.htm
Faut-il ajouter à ces inévitables "amalgames" la déconfiture des fonds de pension, emblème du libéralisme versus la répartition ? L'un comme l'autre sont en débandade parce qu'il n'ont pas été "gérés" au sens premier du terme. La répartition a été victime des démagogues politiques, polarisée par la vitrine sociale qu'ils doivent présenter à leurs électeurs, ce qui a mon sens traduit le fait que c'est plus le fonctionnement d'une démocratie sans contrôle qui est en cause. La capitalisation est victime comme toujours des margoulins de la haute finance internationale: là, ce sont les mécanismes bancaires qui ont échappé à tout contrôle démocratique. Dans l'un et autre cas, mêmes causes, mêmes effets.
Il est de ce point de vue un autre amalgame que peut redouter une certaine caste financière, celle dont est précisément issu l'escroc Madoff qui, raffinement suprême, s'est même permis le luxe d'escroquer ses coreligionnaires.
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MessageSujet: Re: Crise financière   Jeu 29 Jan 2009 - 16:01

Alerte sérieuse sur l’épargne : Krach obligataire en vue:

La crise économique et financière qui a éclatée ces derniers mois va-t-elle durer ? Absolument ! répond Franck Peter Pucher qui y voit peut-être la chance d’une remise en cause véritable du système financier supranational.


L’assurance vie, présentée régulièrement comme le placement préféré des Français, fait presque l’unanimité : plus d’un ménage sur deux a souscrit un des vingt millions de contrats existants pour un encours global de 1 200 milliards d’euros. Aux éternels inconditionnels de l’épargne garantie en échange d’un rendement faible, sont venus s’ajouter depuis l’été 2008 ceux, peu nombreux, qui avaient senti avant les autres la prochaine dégringolade des marchés actions et ceux, beaucoup plus nombreux, épargnants et actionnaires mortifiés, qui ont subi, sur leurs portefeuille boursiers, des pertes de l’ordre d’au moins 40 à 50 %. Ces derniers, pris de panique, ont préféré concrétiser des pertes désormais irrattrapables en plaçant ce qu’ils avaient pu sauver sur les fonds en euros des contrats d’assurances vie auxquels les banquiers et assureurs s’acharnent à faire souscrire leurs clients. Ces diverses populations d’épargnants ont, comme point commun, le sentiment d’avoir, à des degrés divers, échappé au pire et que, désormais, ils pourront dormir tranquille.
Eh bien non ! La crise financière et économique, d’une ampleur jusque là inconnue, dont beaucoup de naïfs optimistes voient le dénouement durant le deuxième semestre 2009 ou, au pire, courant 2010, va probablement durer de nombreuses années. Elle aura des conséquences aussi variées qu’inattendues. Ainsi, par une ironie du sort bien singulière, il faut s’attendre, pour le court et moyen terme, qu’elle risque fort de rattraper les détenteurs de contrats d’assurance vie assortis de fonds en euros, et autres titulaires de livrets bancaires qui se croyaient bien à l’abri. On peut certes applaudir au fait que, parmi la masse des petits épargnants, se trouvent quelques spéculateurs venus se terrer dans ces abris le temps que passe la bourrasque et que, s’agissant de ceux-là, s’applique une espèce de châtiment pour le moins mérité. Néanmoins, cette situation illustre, hélas, une facette inattendue de la crise, à savoir que la chute du prix des actifs, bien représentative de la déflation, ne saurait épargner un seul secteur. C’est littéralement la richesse du pays, si tant est qu’il en ait encore une, qui part en fumée, avec d’autres conséquences pour tous les Français, épargnants ou pas.

La crise financière et économique va probablement durer de nombreuses années

Il faut savoir que, pour pouvoir être en mesure de servir l’intérêt quasiment garanti auquel elles se sont engagées, les banques et compagnies d’assurance, n’ont eu, de tout temps, pas d’autre choix que de placer la quasi-totalité de l’argent de leurs clients en obligations d’Etat. En effet, quoi de plus solide qu’une obligation d’Etat ? Rien d’autre, bien entendu… Au fil du temps, sous la pression habilement dirigée par le monde politico-financier, cette « philosophie » s’est lentement instillée dans les esprits, au point que même les professionnels ont fini par y croire.
Mais, avec la crise, les choses ont complètement changé et les exemples annonciateurs de futures catastrophes ne manquent guère. Voici pourquoi ; tout comme les entreprises cotées en bourse, les pays eux-mêmes voient les divers éléments constitutifs de leur solvabilité épluchés méticuleusement par les agences de notation telles que Moody’s, Standard & Poor ou Fitch pour les principales. Avant de poursuivre, il convient, plus que jamais, de s’interroger sur l’omnipotence de ces agences, sous les fourches caudines desquelles passent les multinationales qui les paient pour se voir attribuer une note, ainsi que les pays de la planète, traités, eux, sans le moindre égard. Seuls les Etats-Unis, malgré une situation économique des plus calamiteuses, tardent miraculeusement à se voir sanctionner. Sans vouloir succomber à l’envie de dénoncer, encore une fois, un complot planétaire ourdi par une main invisible, on est en droit de s’interroger sur ceux qui se cachent derrière ces agences. Le sujet, très sensible et vaste, mérite un autre débat. Bien évidemment, les gouvernements de la planète – du reste du monde, comme on dit… – craignent, par-dessus tout, de voir leur note abaissée. En effet, la dégradation des conditions de crédit d’un Etat se traduit, d’abord, par le placement de ce pays sur une liste dite de « surveillance spéciale ». C’est ce qui est arrivé ces derniers mois à l’Islande, la Grèce, l’Italie, la Grande-Bretagne, la Hongrie, l’Irlande, l’Espagne et le Portugal. La phase suivante, qu’ont eues à subir la Grèce et l’Espagne ces derniers jours, est la dégradation de la note précédemment attribuée.
Comme nous le savons, la quasi-totalité des Etats des pays dits « riches » s’appuie, pour pouvoir fonctionner, sur des politiques de creusement des déficits. Ainsi, en permanence, les gouvernements se trouvent amenés à emprunter en émettant des titres appelés « obligations d’Etat ». Selon leur maturité, à trois mois, un an, dix ans ou bien trente ans, ceux-ci sont, on le comprend, diversement rémunérés. Les institutionnels, banquiers et compagnies d’assurances notamment, absorbent normalement sans difficultés les quantités émises afin de pourvoir symétriquement les allocations d’actifs en fonds euros, livrets bancaires, mais également comptes à terme de leur clientèle. Mais dès qu’un Etat voit sa note abaissée, phénomène assez rare par le passé mais qui, crise aidant, est en train de se multiplier, les institutionnels, conscients de l’augmentation du risque, rechignent à acheter les obligations d’Etat sur les mêmes bases de rémunération. Le pays concerné, alors pris à la gorge, se trouve contraint d’émettre de nouvelles obligations plus alléchantes, garantissant un rendement supérieur, ce qui aura deux graves conséquences : en premier lieu celle d’aggraver brutalement la situation budgétaire du pays qui devra rembourser davantage de dettes; et, en second lieu, parce que le fait d’émettre de nouvelles obligations mieux rémunérées par rapport aux anciennes, provoque mécaniquement une diminution de la valeur faciale des titres les plus anciens, justement ceux qui, pour l’essentiel, composent les fonds en euros et autres livrets bancaires.
Certains, pourtant parmi les experts financiers les plus éminents ou autoproclamés, se posaient récemment la question de savoir quelle serait la nouvelle bulle sur le point d’éclater : eh bien la voilà ! D’autres objecteront que la situation n’est pas si grave, qu’il convient de raison garder, qu’il est inutile de continuer à noircir un tableau déjà assez noir comme cela. Il faut, à tous ceux là, remettre en mémoire un événement tout récent qui a débuté fin 2008 et qui a connu son épilogue au tout début de cette année : l’Allemagne, signature unanimement reconnue comme la plus solide au monde, a voulu émettre de nouvelles obligations pour un montant de six milliards d’euros. Contre toute attente, elle n’a pas pu atteindre son objectif. En effet, les investisseurs institutionnels ont partiellement boudé cette émission qui s’est arrêtée sur un montant de 5,2 milliards d’euros sur les six offerts (Money Week, 15/21 janvier 2009, n° 16). Mais les Etats européens ont réellement besoin d’emprunter pour financer leurs nombreux plans de relance. Pourtant « Les Pays-Bas ont vu leurs enchères échouer. Le Royaume-Uni et l’Italie ont été contraints d’offrir de plus forts rendements pour atteindre leurs objectifs. L’Espagne et la Belgique ont annulé leurs offres du fait de l’absence de demande » (Money Week n° 16 – 15/21 janvier 2009). Faillite prochaine de tous ces Etats ? Plutôt inquiétant, non ?
Pour ce qui concerne la France, pratiquant une politique qu’on peut qualifier de forcenée quant au creusement des déficits publics, s’apparentant à une fuite en avant fort peu rassurante, la sanction, normalement, ne devrait pas tarder. Notre pays, même s’il ne figure pas encore sur la liste des Etats soumis à une surveillance spéciale, peut-être grâce à sa récente présidence tournante de l’UE, se trouve certainement dans l’antichambre du club, juste derrière la porte… Sa solvabilité ayant maintenant toutes les chances d’être remise en cause, son entrée dans le club, selon les spécialistes, n’est qu’une affaire de semaines, au mieux de quelques mois avec, à la clé, un abaissement de la note entraînant les conséquences énumérées plus haut pour « le placement préféré des Français» et pour la situation financière du pays.
Sentiment de défiance se renforçant envers les formes de gouvernements pratiquées

Phénomènes instructifs qu’on a pu observer ces dernières semaines : d’abord un nombre croissant d’épargnants font fi des contraintes qui les enferment pour huit ans dans leurs contrats d’assurance-vie en euros, et jugent qu’à tout prendre, les pénalités fiscales qu’ils auront à subir en cas de retrait anticipé sont dérisoires au regard de l’effondrement éventuel de leurs économies. D’un autre côté, il apparaît à un nombre croissant de Français que l’alternative de l’achat d’or devient réellement attractive en ces temps troublés, ce que confirment les statistiques d’achats de « la relique barbare » qui s’envolent littéralement. On peut raisonnablement penser qu’il s’agit des mêmes populations d’épargnants.
L’amorce de ces nouveaux comportements, qui se développent également au-delà de nos frontières, laisse entrevoir un sentiment de défiance se renforçant envers les formes de gouvernements pratiquées, au moins dans la zone euro. On peut dire que, dorénavant, les différentes péripéties que subit la monnaie, principale composante de la stabilité politique et sociale, traduisent un déficit d’autorité des Etats qui va en s’aggravant. Au-delà de cette observation, se profile également le spectre de l’éclatement de l’euro, dont il est de plus en plus question. Peut-être est-il temps de voir dans ces phénomènes et dans les catastrophes qui en découleront immanquablement, un début de contestation sérieuse de l’économie spéculative et de sa collusion avec les pouvoirs en place. Saurons-nous saisir cette réelle opportunité politique ?
Franck Peter Pucher pour Novopress France
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MessageSujet: Re: Crise financière   Mer 25 Fév 2009 - 12:24

Changement de ton radical sur gross’media. !!!


Ça sent clairement la panique chez nos (ir)responsables et fait totalement nouveau, le citoyen lambda demande des comptes, aux politiques, comme aux responsables passés et présents. Avec une apostrophe récurrente: la langue de bois, ça suffit: nous voulons la vérité. Côté français notamment, y’avait comme un (gros) flottement sur le plateau ...

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MessageSujet: Re: Crise financière   Ven 27 Fév 2009 - 17:13

Fin 2008 : Le monde entre dans la phase de décantation de la crise systémique globale - Anticipations 2008-2013 : Six groupes de pays aux évolutions très différentes

- Extrait GEAB N°28 (15 octobre 2008) -

La crise financière globale, pour laquelle le mois de Septembre 2008 a constitué le point d'inflexion majeur, ainsi que l'avait prévu LEAP/E2020 en Février dernier (1), n'est que le détonateur de la crise systémique globale. Les désordres financiers et monétaires de ces derniers mois n'ont été que les déclencheurs d'une série de crises économique, sociale et politique qui vont désormais structurer cette dernière phase de la crise systémique globale. Les conséquences les plus lourdes de la crise en termes humains, sociaux, économiques et politiques sont en effet devant nous, et non pas derrière nous. Dans ce GEAB N°28, nous présentons donc le calendrier anticipatif de la phase dite de « décantation », c'est-à-dire celle pendant laquelle les conséquences de la crise commencent à refaçonner le système global (2). Nos travaux nous permettent ainsi de présenter des anticipations sur la période 2008-2013 en distinguant 6 groupes de pays caractérisés par un impact différencié des 4 séquences spécifiques de cette phase : crise financière, crise économique, crise sociale et crise politique.

En effet, si les trois premières phases de la crise étaient essentiellement communes à l'ensemble de la planète puisqu'elles affectaient le même système global issu de l'après 1945 et de l'après 1989, la quatrième phase se déroule de façon très différenciée selon les pays et la nature de l'impact que la crise a eu sur eux. Le choc fut commun mais les réponses et les parcours à venir sont différents. Ils constituent d'ailleurs le processus de réorganisation du système global et préfigurent les nouveaux équilibres qui vont se mettre en place au cours de la décennie prochaine.

Pour nos chercheurs, l'ampleur des conséquences de la phase d'impact de la crise sur les différents pays de la planète est fonction de leur degré de résistance à l'explosion du « détonateur financier » qui a eu lieu depuis plus d'un an. Plus un pays est « immune » face à ce choc financier, mieux il traversera cette crise. LEAP/E2020 a donc étudié la situation des principaux pays et des grandes régions de la planète en fonction de 7 critères précis permettant de mesure le degré d' « immunité » au « détonateur financier » :

. Part du secteur financier dans l'économie
. Part des services dans l'économie
. Degré d'endettement des ménages
. Qualité des actifs du système financier et des ménages
. Montant relatif des déficits publics (toutes collectivités publiques cumulées, y compris comptes sociaux)
. Montant relatif des déficits extérieurs (commerciaux et paiements)
. Part des retraites par capitalisation dans l'ensemble des retraites du pays.

En fonction de ces critères, notre équipe a identifié 6 grandes zones de pays, qui n'ont souvent que peu de rapports géographiques entre eux, mais qui rassemblent les pays ayant des profils proches.

Afin de faciliter la lecture des résultats, LEAP/E2020 a choisi de les présenter dans ce GEAB N°28 sous forme visuelle en présentant d'une part une carte du monde regroupant les pays selon six zones colorées; et d'autre part, un graphique temporel pour la période 2008-2013, montrant nos anticipations concernant la durée des 4 séquences spécifiques de la phase de décantation : crise financière, crise économique, crise sociale et crise politique. Les explications plus détaillées sont à la suite de chaque graphique.


La zone 1 regroupe les pays pour lesquels les 7 critères montrent sans exception une absence totale d' « immunité » à la crise financière. On y trouve les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Islande.

La zone 2 rassemble les pays pour lesquels 5 ou 6 critères montrent une forte sensibilité au « détonateur financier ». On y trouve ainsi des pays nord américains (Canada et Mexique) ou européens (Suisse, pays baltes, Espagne).

La zone 3 intègre les pays pour lesquels 4 critères indiquent une forte sensibilité à la crise financière. On y trouve ainsi l'essentiel de l'Asie, les Pays-Bas, la Belgique, la Scandinavie.

La zone 4 regroupe les pays pour lesquels seuls 3 critères indiquent une forte sensibilité au choc financier. On y trouve l'essentiel de la zone Euro, des nouveaux Etats membres de l'UE et les principales économies d'Amérique latine.

La zone 5 est particulière car elle rassemble des pays caractérisés par un huitième critère qu'il est apparu cohérent et pertinent d'appliquer dans cette analyse, à savoir le degré de dépendance politique, militaire et financière aux pays de la zone 1. Très simplement, ce sont les pays qui seront affectés très directement en terme notamment de stabilité politique par les graves conséquences de la crise sur les pays de la zone 1 : par exemple, une forte réduction des aides militaires, une suppression de l'aide alimentaire,... On y trouve aussi bien les pays pétroliers du Golfe Persique que Taïwan ou la Colombie.

La zone 6 regroupe les pays pour lesquels la crise financière n'a qu'un impact mineur ou très indirect car ces pays ont une économie trop peu développée. On y trouve la plupart des pays en voie de développement.

Pour ce qui est du déroulement temporel de la phase de décantation, LEAP/E2020 a tenté de quantifier la durée des 4 séquences de cette phase, à savoir les crises financière, économique, sociale et politique. Ci-dessous nous présentons le résultat de nos anticipations pour chacune des 6 zones identifiées précédemment.

L'évaluation de la durée de chacune des 4 séquences a été effectuée en fonction de trois critères précis :

1. L'ampleur des conséquences anticipées par LEAP/E2020 pour chacune des zones concernées. Ainsi, plus une zone regroupe de pays pour lesquels les conséquences de la crise sont lourdes, plus la durée de « sortie de crise » est longue.

2. L'existence ou non d'une forte crise sociale et d'une forte crise politique. Ces deux types de conséquence vont en effet considérablement allonger la durée de la « sortie de crise » car elles vont d'une part ralentir tous les processus décisionnels et aggraver les difficultés du pays ; d’autre part, impliquer la nécessité pour le pays concerné de trouver un nouvel équilibre politico-social (ce qui est un exercice en général long et douloureux).

3. Le degré de préparation des élites (et dans une moindre mesure des opinions publiques) du pays concerné à faire face à de profondes remises en cause du système actuel. Moins elles sont préparées, plus la recherche de solutions efficaces sera longue.

-----------
Notes:

(1) Source GEAB N°22, 15/02/2008

(2) Dès le début 2006, dans le GEAB N°5, l'équipe de LEAP/E2020 avait indiqué que la crise systémique globale se déroulerait suivant 4 grandes phases : « Une crise systémique globale se développe selon un processus complexe qu’on peut découper en quatre phases pouvant se chevaucher : une première phase dite « de déclenchement » qui voit soudain tout une série de facteurs, jusqu’alors disjoints, converger et se mettre à interagir, et qui reste essentiellement perceptible pour les observateurs attentifs et les acteurs principaux ; une deuxième phase dite « d’accélération » qui est caractérisée par la prise de conscience brutale par la grande majorité des acteurs et observateurs que la crise est bien là car elle commence à affecter un nombre rapidement croissant de composantes du système ; une troisième phase dite « d’impact » qui est constituée par la transformation radicale du système lui-même (implosion et/ou explosion) sous l’effet des facteurs cumulés, et qui affecte simultanément l’intégralité du système ; et enfin, une quatrième phase dite de « décantation » qui voit se dégager les caractéristiques du nouveau système issu de la crise. », Source GEAB N°5, 15/05/2006.

[Source]
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MessageSujet: Re: Crise financière   Ven 27 Fév 2009 - 17:18

Début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale

Depuis Février 2006, LEAP/E2020 avait estimé que la crise systémique globale se déroulerait selon 4 grandes phases structurantes, à savoir les phases de déclenchement, d'accélération, d'impact et de décantation. Ce processus a bien décrit les évènements jusqu'à aujourd'hui. Mais notre équipe estime dorénavant que l'incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée notamment par leur acharnement depuis plus d'un an à en traiter les conséquences au lieu de s'attaquer radicalement à ses causes, va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase dite de dislocation géopolitique mondiale.

Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir :

A. Deux phénomènes majeurs :
1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l'ensemble de la planète
2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux

B. Deux séquences parallèles :
1. La décomposition rapide de l'ensemble du système international actuel
2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux.

Nous avions espéré que la phase de décantation permettrait aux dirigeants du monde entier de tirer les conséquences de l'effondrement du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Hélas, à ce stade, il n'est plus vraiment permis d'être optimiste en la matière (1). Aux Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d'une panne passagère et qu'il suffisait d'y ajouter quantité de carburants (liquidités) et autres ingrédients (baisse de taux, achats d'actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite,…) pour faire repartir la machine. Or, et c'est bien le sens du terme de « crise systémique globale » créé par LEAP/E2020 dès Février 2006, le système global est désormais hors d'usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s'acharner à sauver ce qui ne peut plus l'être.

L'Histoire n'étant pas particulièrement patiente, cette cinquième phase de la crise va donc entamer ce processus de reconstruction mais de manière brutale, par la dislocation complète du système préexistant. Et les deux séquences parallèles, décrites dans ce GEAB N°32, qui vont organiser les évènements promettent d'être particulièrement tragiques pour plusieurs grands acteurs mondiaux.

Selon LEAP/E2020, il ne reste plus qu'une toute petite fenêtre de tir pour tenter d'éviter le pire, à savoir les quatre mois à venir, d'ici l'été 2009. Très concrètement, le Sommet du G20 d'Avril 2009 constitue selon notre équipe la dernière chance pour réorienter de manière constructive les forces en action, c'est-à-dire avant que la séquence cessation de paiement du Royaume-uni, puis des Etats-Unis ne se mette en branle (2). Faute de quoi, ils perdront tout contrôle sur les évènements (3), y compris, pour nombre d'entre eux, dans leurs propres pays, tandis que la planète entrera dans cette phase de dislocation géopolitique à la manière d'un « bateau ivre ». A l'issue de cette phase de dislocation géopolitique, le monde risque de ressembler à l'Europe de 1913 plus qu'à la planète de 2007.

Ainsi, à force de tenter de porter sur leurs épaules le poids toujours croissant de la crise en cours, la plupart des Etats concernés, y compris les plus puissants, ne se sont pas rendu compte qu'ils étaient en train d'organiser leur propre écrasement sous le poids de l'Histoire, oubliant qu'ils n'étaient que des constructions humaines, ne survivant que parce que l'intérêt du plus grand nombre s'y retrouvait. Dans ce numéro 32 du GEAB, LEAP/E2020 a donc choisi d'anticiper les conséquences de cette phase de dislocation géopolitique sur les Etats-Unis et l'UE.

Il est donc temps pour les personnes comme pour les acteurs socio-économiques de se préparer à affronter une période très difficile qui va voir des pans entiers de nos sociétés telles qu'on les connaît être fortement affectés (4), voire tout simplement disparaître provisoirement ou même dans certains cas durablement. Ainsi, la rupture du système monétaire mondial au cours de l'été 2009 va non seulement entraîner un effondrement du Dollar US (et de la valeur de tous les actifs libellés en USD), mais il va aussi induire par contagion psychologique une perte de confiance généralisée dans les monnaies fiduciaires. C'est à tout cela que s'attachent les recommandations de ce GEAB N°32.

Last but not least, notre équipe considère désormais que ce sont les entités politiques (5) les plus monolithiques, les plus « impériales », qui vont être les plus gravement bouleversées au cours de cette cinquième phase de la crise. La dislocation géopolitique va ainsi s'appliquer à des états qui vont connaître une véritable dislocation stratégique remettant en cause leur intégrité territoriale et l'ensemble de leurs zones d'influences dans le monde. D'autres états, en conséquence, seront projetés brutalement hors de situations protégées pour plonger dans des chaos régionaux.

--------
Notes:

(1) Barack Obama comme Nicolas Sarkozy ou Gordon Brown passent leur temps à invoquer la dimension historique de la crise pour mieux cacher leur incompréhension de sa nature et tenter de se dédouaner à l'avance de l'échec de leurs politiques. Quant aux autres, ils préfèrent se persuader que tout cela se règlera comme un problème technique un peu plus grave que d'habitude. Et tout ce petit monde continue à jouer selon les règles qu'ils connaissent depuis des décennies, sans se rendre compte que le jeu est en train de disparaître sous leurs yeux.

(2) Voir GEAB précédents.

(3) En fait il est même probable que le G20 aura des difficultés croissantes à tout simplement pouvoir se réunir, sur fond de « chacun pour soi ».

(4) Source : New York Times, 14/02/2009

(5) Et cela nous paraît vrai également pour les entreprises.

Dimanche 15 Février 2009
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MessageSujet: Re: Crise financière   Ven 27 Fév 2009 - 17:28

Enfin et pour finir sur note tout aussi optimiste, les conseils plus que jamais avisés de Gérard Pince sur son blog:
http://www.freeworldacademy.com/criseauquotidien.htm
Bonne lecture ...
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MessageSujet: Re: Crise financière   Lun 2 Mar 2009 - 19:50

Les évènements actuels semblent hélas vous donner raison ...
affraid
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