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 Nikolausglaübig ? ...

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MessageSujet: Nikolausglaübig ? ...   Mar 22 Mai 2007 - 11:45


Election de Nicolas Sarkozy : retour à la case 1986 ... ou vraie « rupture » ?


La victoire de Nicolas Sarkozy, homme providentiel médiatique, frappe par son ampleur. Elle place le nouveau président de la République dans l’obligation d’apporter les changements qu’attendent « la majorité silencieuse » et « la France qui se lève tôt ».
Malgré le risque d’un « 3e tour social », il lui faudra apporter des libertés et des responsabilités économiques nouvelles. Malgré le danger d’un « 3e tour ethnique », il lui sera essentiel d’agir pour rétablir la sécurité et sauvegarder l’identité nationale.
Pour cela, il sera impératif de délégitimer les forces syndicales et associatives hostiles. Il faudra aussi organiser la majorité sociologique sortie des urnes et redonner de la pluralité au paysage intellectuel français (PIF) et au paysage associatif français (PAF). Ce n’est qu’à ce prix qu’un vrai changement sera possible. Car la vraie « rupture », ce n’est pas simplement engager des réformes mais gagner les batailles qui permettront de les mettre en œuvre !
Explication :

1/ A vote massif, électeurs exigeants
A rebours de l’évolution des 25 dernières années, un nouveau cycle de la vie politique s’ouvre marqué par un retour vers les urnes :
– le nombre de nouvelles inscriptions sur les listes électorales a été particulièrement fort (+3,3 millions, +7,5% par rapport à 2002) ;
– la participation a été élevée : 83,77% au premier tour, soit 14 points de plus qu’en 2002 et 85% au second tour ;
– les « partis du gouvernement » ont rassemblé 75,62%, soit les trois quarts des suffrages des électeurs au premier tour, et le duel Royal/Sarkozy a mobilisé 38 millions d’électeurs au second tour, record absolu en nombre de suffrages ;
– le vainqueur a rassemblé dès le premier tour près du tiers des électeurs et a creusé l’écart au deuxième avec plus de deux millions de voix d’avance sur son adversaire de gauche.
Nul doute que dans la foulée, avec un centre probablement dégonflé autour de 10/12% et un Front national vraisemblablement ramené à 5/7%, les élections législatives ne donnent une large majorité au parti du président comme ce fut le cas dans des circonstances de calendrier comparables en 1981, 1988 et 2002.
Ces résultats sont donc un double succès : du système politique qui s’est relégitimé dans les urnes ; et, bien sûr, du vainqueur, Nicolas Sarkozy, dont la stratégie droitière de rupture (au moins verbale) avec certains tabous a été plébiscitée.
D’ores et déjà, ce succès aura une importante contrepartie : les exigences des électeurs seront à la hauteur de l’ampleur de leur vote.

2/ Les risques financiers et politiques d’un clientélisme médiatisé
Observons d’abord que bien souvent, lors de la campagne électorale, y compris lors du débat télévisuel Sarkozy/Royal du 2 mai, les grands enjeux nationaux et internationaux sont passés au second plan derrière les problèmes catégoriels : cette campagne présidentielle a souvent fait l’objet d’un clientélisme médiatisé ; elle a été la rencontre d’un double individualisme : le « moi je » (« moi je ferai ») des postulants venant à la rencontre du « moi je » (« moi je voudrais ») des électeurs consommateurs.
Or les marges de manœuvre budgétaires sont réduites : côté Etat, 1.100 milliards de dettes ; côté sécurité sociale, absence de provisions pour les retraites futures et franchissement, au premier trimestre 2007, du seuil d’alerte pour la croissance des dépenses de l’assurance maladie.
D’ores et déjà, il apparaît que dépenses nouvelles et réductions d’impôts seront difficilement compatibles. Tous les électeurs ne savent pas encore ce que les germanophones connaissent : « croire au père Noël » se dit « nikolausglaübig » en allemand (croire en Nicolas)…
« Ensemble tout devient possible » s’est révélé un excellent slogan de campagne mais ne pourra pas être une ligne de conduite budgétaire. Des arbitrages difficiles seront rapidement nécessaires. Il est clair que, par leur ampleur, les promesses électorales portent en germe le risque d’une facture financière ou d’une fracture politique.

3/ Adhésion large, échec de la diabolisation, forte aspiration au changement
Conséquence d’une double stratégie audacieuse : omniprésence médiatique d’un côté, exposition politique droitière de l’autre, Nicolas Sarkozy a fait l’objet d’une adhésion forte : 31,16% au premier tour, soit presque autant que Valéry Giscard d’Estaing, 32,60% en 1974 ; 53,06% au second tour, soit presque autant que François Mitterrand, 54,01% en 1988, et Charles de Gaulle, 55,20% en 1965. Or il s’agit, selon le sondage TNS-SOFRES, publié dans « Le Monde » du 2 mai, d’un vote d’adhésion et, qui plus est, d’adhésion au changement.
A la question « En votant pour ce candidat voulez-vous manifester votre adhésion à ce candidat ? » 60% des électeurs de Nicolas Sarkozy répondent positivement ; 36% répondent qu’ils choisissent simplement le rejet de l’autre candidat. Les proportions étant inversées pour Ségolène Royal. Le résultat du second tour traduit donc à la fois l’adhésion à Nicolas Sarkozy et l’échec de la campagne de diabolisation menée contre lui.
Cette adhésion est aussi une adhésion au changement, 63% des sondés s’attendant « à beaucoup ou pas mal de changement » en cas d’élection de Sarkozy, 35% seulement en cas d’élection de Royal qui était donc perçue comme la candidate de l’immobilisme. De même 61% des sondés pensaient qu’une victoire de Sarkozy favoriserait « la mise en œuvre rapide des réformes ».
Le mandat de Nicolas Sarkozy est donc clairement de réformer. Ce qui ne manquera pas, s’il va au-delà de simples mesures cosmétiques, de mécontenter. Il est, à cet égard, déjà préoccupant que les sondés de TNS-SOFRES se soient déclarés plus proches de Royal que de Sarkozy dans trois domaines sensibles : l’éducation (45% contre 33%), les retraites (37% contre 31%), l’assurance maladie (38% contre 28%). Or dans ces trois secteurs la problématique des réformes n’a pas été clairement exposée durant la campagne et les forces hostiles au changement saisiront la première occasion pour tenter de prendre leur revanche.

4/ Sécurité et immigration : les attentes les plus fortes
Dès le premier tour les motivations les plus fortes des électeurs de Nicolas Sarkozy (comme de ceux de Jean-Marie Le Pen) portaient sur la lutte contre l’insécurité et la lutte contre l’immigration clandestine.
Pour le second tour, le sondage TNS-SOFRES, déjà cité, a posé cette question : « Sur les thèmes suivants de quelle position (d’un candidat) êtes-vous le plus proche ?» C’est de très loin sur la sécurité et l’immigration que les écarts sont le plus creusés et l’adhésion différentielle à Nicolas Sarkozy la plus forte : sur la sécurité, 61% des sondés se sentent plus proches de Sarkozy, 26% de Royal ; sur l’immigration, 56% des sondés se sentent plus proches de Sarkozy, 32% de Royal. C’est sur ces thèmes que Sarkozy a bâti son succès lui permettant d’attirer, soit au premier soit au deuxième tour, une très grande partie de l’électorat de Jean-Marie Le Pen. C’est aussi sur ces thèmes qu’il a amené à lui la partie la plus populaire de son électorat, celle qui est venue justement du Front national voire de la gauche ou de l’extrême gauche.
Or dans ce domaine, plus encore que dans d’autres, les solutions sont difficiles. Il ne suffit pas de changer les lois pour diminuer la délinquance (il y a déjà 11.000 incriminations possibles dans le Code pénal), il faut davantage de places de prison pour mettre les délinquants hors d’état de nuire ; or les construire prendra du temps.
Surtout il faut faire un bon diagnostic des phénomènes de délinquance et reconnaitre comme une donnée majeure d’explication leur corrélation avec les problèmes ethniques. S’il y a des zones de non-droit en banlieue ou dans certaines gares, c’est parce que la police en est de fait bannie (sauf lorsqu’elle y intervient en nombre), et si elle y est interdite, c’est qu’il y a, pour des raisons de coagulation ethnique, religieuse ou raciale, une solidarité de fait entre une partie de la population et les délinquants issus de ses rangs. Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, n’a pas su réduire les « zones grises », le président de la République qu’il est devenu le pourra-t-il sans frapper au cœur l’idéologie dominante ?

5/ Le danger d’un « troisième tour ethnique »
Globalement, la maîtrise des flux migratoires reste difficile car les mouvements actuels sont liés à une « immigration identitaire » à base de regroupement familial et de regroupement de « familles de Français » : il s’agit là des conséquences des mariages de plus en plus nombreux conclus entre Français ou Françaises d’origine immigrée avec des ressortissants étrangers du pays dont leur famille est issue.
Pour tenter de maîtriser ces évolutions, Nicolas Sarkozy a annoncé une loi sur le regroupement familial pour l’été 2007. Nul doute qu’il se heurtera alors au puissant lobby immigrationniste structuré par les réseaux trotskystes, disposant de relais associatifs nombreux, bénéficiant d’un accès aux médias privilégié et nourrissant des clientèles multiples : avocats obtenant des causes à défendre payées par les associations ; médecins d’hôpitaux trouvant une patientèle venue du tiers-monde ; présidents d’université développant une offre formation permettant à des Africains de s’inscrire comme étudiants pour venir en France ; animateurs et assistants sociaux se procurant de nouveaux publics d’exclus.
« Oumma.com », le principal site Internet musulman en France, a déjà donné le ton dans son éditorial officiel du 7 mai intitulé « Du mouton dans la baignoire au mouton dans l’isoloir » en appelant à « la résistance civique et démocratique à l’Etat Sarkozy » (http://www.oumma.com/spip.php?article2426).
Quel que soit le contenu des lois projetées, énergiques ou simplement cosmétiques, le conflit avec le lobby immigrationniste est inévitable. Il porte en lui la menace d’un troisième tour ethnique.

6/ Les espérances de la France « qui se lève tôt »
Nicolas Sarkozy a fait campagne sur la « valeur travail » ; il a appelé à la mobilisation de « la France qui se lève tôt ». Il a été largement entendu. Selon le sondage TNS-SOFRES paru dans « Le Figaro » du 4 mai, les clivages électoraux les plus forts, par catégories socioprofessionnelles, sont les suivants :
– les deux tiers des commerçants, artisans, chefs d’entreprise avaient l’intention de voter Sarkozy ;
– les deux tiers des professions intermédiaires (à forte présence du secteur public – santé, travail social, enseignement primaire – et salariés administratifs des grandes entreprises) avaient l’intention de voter Royal.
S’il veut répondre à l’attente des premiers, le nouveau président devra libéraliser le Code du travail et alléger les charges sociales (ce qui suppose la maîtrise des dépenses de santé et la réforme des retraites). Il devra aussi, car c’est une promesse à forte charge symbolique qu’il lui faudra impérativement tenir, instaurer le service minimum dans les transports publics.
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MessageSujet: nikolausglaübig ? ... (suite et fin)   Mar 22 Mai 2007 - 11:46

7/ Les risques d’un « troisième tour social »
Sur tous ces sujets, le conflit avec les grands syndicats du secteur public (CGT, FO, SUD, FSU) est inévitable. Le risque d’un « troisième tour social » est très fort, comme il y en eut en 1986 (avec la loi Devaquet sur les universités), 1994 (avec la loi Giraud instaurant le CIP, Contrat d’insertion professionnelle), 1995/96 (avec les réformes du gouvernement Juppé), 2005 (avec le CPE, projet Villepin de Contrat première embauche).
Ainsi la vraie « rupture » ne sera pas d’engager des réformes mais de gagner les batailles qui permettront de les mettre en œuvre !

8/ Retour à la case 1986, ou vrai changement ?
Contrairement à ce qui est dit, la situation politique n’est pas tout à fait nouvelle et ce n’est pas de 1981 qu’elle se rapproche le plus.
La droite a déjà connu un leader qui a mené des « campagnes droitières », il s’agit de… Jacques Chirac jusqu’en 1986. Jacques Chirac dont le discours de fondation du RPR en 1976, à la Porte de Versailles, était protosarkozyste ; Jacques Chirac, président du RPR, qui s’adressait à « la France qui ose » et à « la France qui travaille »… lors des législatives de 1978 ; Jacques Chirac qui a présenté, en 1986, un projet inspiré alors par le Club de l’Horloge et le Club 89, de facture très nationale/libérale et peu éloigné, à l’époque, du programme du Front national. De vraies réformes furent d’ailleurs engagées en 1986 dans les premiers mois du gouvernement Chirac : sur la libéralisation de l’économie, la réforme des universités, la révision du Code de la nationalité, le renforcement du Code pénal et la création de places de prison, la maîtrise des effectifs de la fonction publique (dont la hausse régulière a alors marqué une pause). Ce cap fut abandonné lorsque les manifestations étudiantes de décembre 1986 furent marquées par la mort de Malik Oussékine. Une longue parenthèse – de 21 ans –de timidité de la droite de gouvernement s’est alors ouverte. Elle s’est refermée le 6 mai 2007. Pour combien de temps ?

9/ L’inévitable contradiction entre les aspirations des « Johannites » et les exigences du politiquement correct
Les atouts de Nicolas Sarkozy sont nombreux : il est bien élu ; il a cinq ans devant lui pour exercer la fonction de président de la République ; il disposera selon toute vraisemblance d’une majorité confortable à partir du 16 juin prochain. Pourtant les handicaps et les contradictions ne manquent pas.
Il est d’abord permis d’observer un décalage entre, d’un côté, le logiciel idéologique de l’UMP et la soumission au politiquement correct des hommes et des femmes présentés comme ministrables, de l’autre, les discours droitiers et la symbolique identitaire de la campagne électorale. Si l’on écarte l’hypothèse d’une simple posture électorale qui risquerait de passer pour une imposture, le nouveau président de la République devra réduire les dissonances cognitives entre sa campagne et son appareil : faire évoluer son équipe dans un sens un peu moins mondialiste et un peu plus national, un peu moins « antiraciste » et un peu plus identitaire. S’il veut continuer à plaire aux « Johannites » (référence à Jeanne d’Arc), il lui faudra prendre le risque de désespérer Sciences-Po !
Nicolas Sarkozy dispose d’un redoutable savoir-faire médiatique et de nombreux appuis chez les grands patrons de presse : pour autant, la majorité de la classe journalistique reste idéologiquement acquise, en particulier sur les sujets de société, à ses adversaires.

Et il connaîtra comme ses prédécesseurs l’hostilité de la quasi-totalité des appareils syndicaux et du monde associatif. Conséquence de l’échec des politiques d’immigration et d’intégration depuis 20 ans, il est aussi exposé au péril d’une dissidence territoriale des banlieues immigrées.
En termes de jeu de go, le président Sarkozy contrôle le centre du pouvoir mais il court le risque de l’encerclement périphérique.

10/ Livrer la bataille des périphéries
Nicolas Sarkozy est un stratège politique qui expose sa vision : il avait annoncé sa volonté d’occuper la scène, il y a été présent jusqu’à courir le risque de la surexposition médiatique (4.200 passages à la télévision de 1996 à 2006) ; il avait prévenu de son intention de réduire électoralement le Front national, il y est parvenu en cannibalisant sa thématique malgré les dangers de l’autodiabolisation. Pour son quinquennat il a déjà annoncé la couleur : il a l’objectif d’être réélu en 2012 et il sait que, comme ses homologues espagnol, britannique ou allemand qui ont effectué plusieurs mandats, il devra avoir agi pour présenter un bilan. Il s’est donc donné le calendrier suivant : deux ans pour réformer, deux ans pour gérer les réformes, un an pour la nouvelle campagne électorale. Il a donc devant lui deux ans pour régénérer la politique française et pour gagner. Pour ce faire, il a pour le moment derrière lui la « majorité silencieuse » et la « majorité invisible », par opposition aux « minorités visibles » qui ont massivement voté contre lui.
Mais ces majorités ne sont ni structurées ni organisées. Or il en aura besoin s’il veut gagner la bataille des périphéries.

11/ Délégitimer les appareils associatifs et syndicaux hostiles
Le nouveau président de la République dispose d’un pouvoir direct sur l’appareil d’Etat et d’un pouvoir d’influence sur la direction des médias centraux. Ce n’est pas rien. Mais ce n’est pas suffisant pour affronter la multitude des pouvoirs syndicaux et associatifs hostiles à la politique qu’il a annoncée. Le ralliement de quelques intellectuels néoconservateurs à l’américaine et celui de quelques « people » ne sauraient fournir des forces suffisantes pour livrer la bataille de la modernisation économique et celle de l’identité nationale, pas plus que l’UMP, machine électorale efficace mais simple parti de « supporters ».
La bataille de la périphérie se gagnera d’abord en délégitimant les forces hostiles et en posant ou en faisant poser les questions qui fâchent : que représentent réellement les syndicats dits représentatifs ? Que pèsent vraiment les grandes associations et organismes politiquement corrects ? Sur quoi, sur qui, se fonde leur légitimité ? Quels intérêts véritables défendent-ils ? Quels rapports ont-ils au respect des lois ? Comment utilisent-ils l’argent public qu’ils reçoivent ? Qui se cache derrière eux ?
Il y a déjà beaucoup de réponses à ces sujets qui dorment dans les rapports de la Cour des comptes. Encore faut-il les exploiter et les faire connaître !

12/ Rééquilibrer le PIF et le PAF
La bataille de la périphérie ne se gagnera pas seulement en délégitimant les adversaires, elle se gagnera aussi en jouant le rééquilibrage du PIF et du PAF : nous voulons ici parler du Paysage intellectuel français et du Paysage associatif français.
Le paysage intellectuel français (PIF) manque cruellement de diversité : car la présence éditoriale ou médiatique est monopolisée par les tenants du politiquement correct. Or on ne peut administrer un discours économique libéral sans faciliter l’expression des économistes de l’offre et des libertariens ; on ne peut tenir un discours sur les valeurs, citer Barrès, évoquer Jeanne d’Arc, sans permettre à la pensée identitaire, nationale conservatrice et/ou traditionaliste de s’exprimer à parité avec celle des soixante-huitards et post-soixante-huitards, même repentis. Si le discours national/libéral est plus qu’un simple appât électoral, il doit être accompagné d’un renouveau des libertés universitaires et des cercles de pensée. Il n’y a pas que les Etats-Unis qui ont besoin de think tanks conservateurs… et pas uniquement néoconservateurs !
Le paysage associatif français (PAF) manque aussi cruellement de pluralité. Est-il permis de se prendre à rêver d’un monde où les associations familiales bénéficieraient de la même écoute et du même soutien que les associations de « Gay, bi et autres trans » ? Au nom de quoi les associations de parents qui veulent choisir l’école de leurs enfants, voire la créer, n’auraient-elles pas droit aux mêmes égards que les syndicats marxistes d’enseignants ? Et pourquoi le racisme antifrançais et les discriminations dont souffrent parfois les Français d’origine ne seraient-ils pas eux aussi pris en considération et combattus ? Le caractère univoque de « l’antiracisme » est insupportable.

13/ La vraie rupture
La vraie rupture, ce n’est pas de rassembler une majorité silencieuse dans les urnes… cela s’est déjà fait. La vraie rupture, c’est de s’appuyer ensuite sur cette majorité sociologique et de gouverner sans chercher d’abord à plaire aux minorités.
La vraie rupture, ce n’est pas d’engager des réformes… cela s’est déjà fait. La vraie rupture c’est de les conduire à leur terme sans reculs ni reculades.
La vraie rupture ne peut rester celle des mots, elle doit devenir celle des faits.
Les Français ont élu en Nicolas Sarkozy un homme providentiel médiatique. Mais si le nouveau président de la République veut inscrire son œuvre dans la durée et engager réellement une action de redressement de la France, il ne pourra échapper aux questions suivantes : Comment adapter son appareil d’exercice du pouvoir à la ligne stratégique de sa campagne ? Comment structurer intellectuellement et associativement sa majorité sociologique ?

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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Mer 23 Mai 2007 - 23:08

C'est quoi toute cette diatribe, c'est la Pravda revisitée !!!?
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Jeu 24 Mai 2007 - 12:47

Rien à voir avec une quelconque "pravda" mais bien une pertinente analyse (pour qui se donne un peu la peine de la lire...) des problèmes que va devoir affronter Sarko-va-zy.
Il ne vous a pas échappé je pense que c’est bien lui le nouveau président ... et non P2V ? Laughing
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Ven 25 Mai 2007 - 13:47


Dumait Alain - mercredi 23 mai 2007

sarkozy, legislatives
Les hommes politiques sont avant tout… des hommes politiques ! Comme le faisait remarquer Georges Pompidou, aucun n’est jamais mort d’une indigestion de voix ! En conséquence, ils veulent gagner leur élection avec le plus grand nombre possible de suffrages, et demeurer le plus longtemps possible au pouvoir.

C’est en partant de cette fort triviale observation qu’il convient d’analyser la constitution du premier gouvernement de Nicolas Sarkozy.
Il aurait pu faire l’ouverture à droite, ou bien constituer, pour commencer, un gouvernement de techniciens… Mais ce n’est pas comme ça qu’il allait gagner les élections législatives des 10 et 17 juin prochains. Au plan parlementaire, son adversaire demeure le parti socialiste. Tout ce qui l’affaiblit renforce sa position politique. Et si des hiérarques socialistes se sont ralliés dès le 7 mai, comment continuer à diaboliser le nouveau chef de la droite ? Son image gagne en finesse et perd en brutalité…

Cette « ouverture » politique, au lendemain d’une élection présidentielle, est d’ailleurs un grand classique de notre vie politique. De Gaulle lui-même la pratiqua en 1945, puis en 1958, avec des ministres comme Pierre Pflimlin et Guy Mollet (qui venaient avec quelques « amis »). François Mitterrand la renouvela en 1988, avec une poignée de ministres « barristes ». Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing considéraient que c’était entre les deux tours qu’il fallait élargir aux centristes. On sait que Nicolas Sarkozy était prêt à le faire, mais François Bayrou avait « pris la grosse tête »…

On remarquera quand même qu’en 1981, François Mitterrand va aux élections générales sur une ligne « d’Union de la gauche ». Le nouveau chef de l’État, électoralement, aurait pu envisager d’y aller à son tour sur une ligne « d’entente à droite », ce qui aurait permis de lever sans attendre de nombreuses incertitudes sur les chances réelles de redressement du pays avec un gouvernement « d’ouverture ». Mais il n’y a pas de parallélisme entre les deux situations : François Mitterrand avait la sympathie des médias sur sa ligne politique tandis que Nicolas Sarkozy ne l’aurait certainement pas eu sur une ligne « d’entente à droite ».

Car les médias sont au cœur de la stratégie de notre nouveau président de la République. On peut compter sur lui pour occuper toutes les lucarnes, toutes les ondes et toutes les colonnes, ne laissant à l’opposition de gauche qu’un petit nombre de médias de deuxième catégorie du point de vue de leur audience (Canal+, les radios du service public, « Le Monde »…). C’est à se demander si, quand il a dit être le candidat du peuple, il ne pensait pas « candidat des people »…

On sent qu’il y a déjà une sorte d’accord avec la gent médiatique : ce gouvernement ira encore plus loin que ses prédécesseurs dans la voie du social compassionnel (la première visite du nouveau Premier ministre a été pour un foyer de femmes battues, presque toutes d’origine africaine…), mais, comme il a répété sur tous les tons qu’il fera ce qu’il a dit, il espère que les médias le soutiendront, y compris sur ses réformes économiques.

En vérité, la véritable opposition réside d’ores et déjà dans les officines syndicales. Et le moment de vérité viendra, dès cet été, avec la mise en place annoncée et confirmée d’un service minimum dans les entreprises publiques de transport. On peut compter sur François Fillon pour offrir autant qu’il le pourra des contreparties aux syndicats. Mais si ceux-ci se sentent assez forts pour aller à l’affrontement, ce pourrait être, pour la majorité nouvelle, la première épreuve du feu.

Résumons-nous. Nicolas Sarkozy a demandé à son gouvernement de mettre en œuvre son projet présidentiel. Celui-ci comporte des propositions intéressantes mais n’est de nature ni à permettre un développement économique brillant, ni à répondre aux désordres de toutes sortes résultant de trente ans de laxisme en matière d’immigration. Le nouveau chef de l’État n’a pas pris d’engagement fort sur la réduction de la dette ou sur la réduction des dépenses (si ce n’est sur la réduction du nombre des fonctionnaires). En matière d’immigration, il n’envisage qu’un infléchissement, sous la forme d’un durcissement des conditions du regroupement familial, ce qui est bien, mais tout à fait insuffisant.

« Toujours, l’inattendu arrive ». C’est à ce moment-là, qui peut venir très vite, qu’on pourra juger notre nouveau gouvernement. Et qu’on verra si « l’ouverture » a été seulement un bon coup politique, ou… une mauvaise affaire pour la France.

http://www.les4verites.com/Reflexions-sur-l-ouverture-du-gouvernement-1523.html
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Sam 30 Juin 2007 - 23:25

A Lyon, Sarkozy fait son outing
Qu'est-ce vraiment que le sarkozysme ? s'interrogeait récemment Philippe Tesson dans les colonnes de Valeurs Actuelles. L'intéressé s'en est expliqué lors de son déplacement à Lyon, le 29 juin 2007. Sur l'emploi et la croissance, voici le message du président, digne d'un prix Nobel : « Inutile de réinventer le fil à couper le beurre. Toutes ces théories économiques, moi-même, parfois, je suis un peu perdu. Ce que je veux, c'est que les choses marchent. » Et sur la méthode : « On dit de moi " il s'occupe de tout ". Mais je n'ai pas été élu pour m'occuper de rien ! » Tout y est. La pensée et la dialectique. La pensée est marquée par l'inculture économique et l'absence de convictions. Un homme comme Ronald Reagan, que ses adversaires qualifiaient " d'acteur de série B ", avait beaucoup lu et réfléchi et ses causeries radiophoniques étaient des merveilles de pédagogie économique et sociale. Margaret Thatcher, toute fille d'épicier qu'elle fût, avait une pensée forte et une psychologie de combat à toute épreuve. Quant à Nicolas Sarkozy, il n'est manifestement qu'un opportuniste, comme toute sa carrière le démontre, et sa dialectique est des plus malhonnêtes intellectuellement, puisqu'elle consiste à renverser les propos de ses contradicteurs pour leur faire dire ce qu'ils n'ont pas dit et ainsi les ridiculiser. L'exemple ci-dessus en est une démonstration lumineuse : ceux qui disent que M. Sarkozy s'occupe de tout - ce que lui-même montre et affirme en permanence - n'ont jamais dit qu'il ne devrait s'occuper de rien. En leur attribuant cette opinion, alors qu'ils souhaitent simplement que le président de la République ne se disperse pas et préserve sa fonction en prévision des inévitables difficultés, M. Sarkozy se rend coupable de déformation de la vérité et de désinformation. Eh bien voilà, Philippe Tesson a sa réponse !
(30/6/07).
http://www.claudereichman.com/lefaitdujour.htm
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Dim 1 Juil 2007 - 11:35

quant à moi, je préfère quelqu'un qui avoue ses lacunes ( c'est un signe d'intelligence et d'humilité) qu'un monsieur-je-sais-tout faisant croire qu'il a des solutions pour tout.
le président n'est pas seul pour gouverner, que je sache.
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Lun 2 Juil 2007 - 10:19

Deux "lectures" de l’inaction relative de Sarko . Attendons de voir ce qui va sortir de cet imbroglio, mais n’oublions pas que le temps lui est compté ... Wink
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Lun 2 Juil 2007 - 18:24

Réformes : lever les malentendus

Le bloc-notes d'Ivan Rioufol Publié le 29 juin 2007

La gauche est dorlotée. Pour elle, Nicolas Sarkozy a fait supprimer du futur traité européen la référence à la « concurrence libre et non faussée », qui existait dans l'ex-Constitution. Le « rôle essentiel » des services publics y sera rappelé. « Dans la délégation française, je suis le seul qui ne soit pas socialiste », s'amuse le chef de l'État, accompagné à Bruxelles de Bernard Kouchner et de Jean-Pierre Jouyet. La droite tient la chandelle, dans cette opération de séduction.
Ceux qui, en 2005, ont rejeté une Europe sans frontières ni âme ne se reconnaissent pas dans ces amabilités aux « nonistes » antilibéraux. Certes, le terme de Constitution disparaît. Mais demeure, au prétexte de respecter « la richesse de la diversité culturelle, religieuse et linguistique » de l'Union, ce même attrait bien-pensant pour le multiculturalisme et ses communautés, qui met en danger l'unité et la stabilité des États-nations.
Les extrêmes sont en miettes, le PS est une ombre et Ségolène Royal renie les 35 heures et le smic à 1 500 euros qu'elle défendait hier. Mais c'est la droite qui montre des signes de faiblesse. La gauche se félicite d'avoir obligé Sarkozy à « revenir en arrière » sur sa réforme des universités. Ce recul s'ajoute à celui du ministre de l'Éducation, qui a abrogé le décret Robien sur les décharges horaires et qui autorise à nouveau la désastreuse méthode globale de lecture.
Mardi, Patrick Devedjian a comparé Sarkozy à Henri IV, qui sut réconcilier les Français. François Bayrou, avant lui, s'était approprié ce symbole pour justifier son centrisme bonhomme. Cependant, ce n'est pas cette politique que les Français ont choisie en avalisant la rupture. Le chef de l'État n'est pas blâmable de vouloir débloquer le conservatisme de la gauche. Mais la recherche du consensus n'est pas « l'électrochoc » annoncé par François Fillon il y a un mois.
Or, l'instauration d'une autonomie des universités s'est pliée à des concessions qui freineront leur renaissance. Après avoir renoncé à imposer la sélection et l'augmentation des droits d'inscription, le gouvernement a même dû transiger, mercredi, sur la non-sélection à l'entrée en master, réclamée par des syndicats d'étudiants à la représentativité contestable. Une ambiguïté est née sur la détermination du pouvoir à appliquer ses réformes. Le malentendu doit être levé.
Dati, communautariste ?
Rachida Dati, garde des Sceaux, rejoint aussi la gauche quand elle choisit de victimiser les minorités. « Je sais qu'ici les populations sont l'objet de discriminations sociales, économiques et culturelles [...] Je souhaite créer dans tous les parquets un pôle antidiscrimination », a-t-elle annoncé, vendredi dernier, au tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Tandis que Nicolas Sarkozy dit vouloir en finir avec les repentances et les culpabilisations unilatérales, cette dialectique est reprise par la ministre de la Justice. Son discours, qui suggère que l'exclusion des cités serait due à leur rejet par le pays d'accueil, incite involontairement au repliement des communautés, à leur déresponsabilisation, voire à leur hostilité. Comment s'intégrer à une société soupçonnée de racisme ? Le chef de l'État parle de promouvoir l'identité nationale, mais un communautarisme revendicatif se profile derrière les arguments, passés inaperçus, de Rachida Dati.
Cette logique compassionnelle invite à excuser le délinquant. C'est ce que soutient l'association des cités, AC Le Feu, quand elle demande que « la juste considération de l'origine sociale de la délinquance » soit « au centre de la déontologie des pratiques de justice et de police ». La garde des Sceaux semble être sur la même longueur d'onde, quand elle dit : « Je ne veux plus qu'une partie de la population française pense que la justice n'est pas faite pour elle, qu'elle est même faite contre elle. »

La référence à la non-discrimination est d'autant plus pernicieuse qu'elle pousse à exiger des exceptions à la règle commune et à la laïcité. Ainsi, la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations) a permis, en juin 2006, le port du voile islamique dans les préfectures lors des naturalisations, décision confirmée par Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur. En mai, elle a autorisé le voile aux parents d'élèves participant « bénévolement au service public de l'éducation nationale ». Là aussi, un malentendu doit être levé.
Parole de victime
La victimisation des minorités est d'autant plus contestable qu'elle en arrive parfois à négliger de vraies injustices. Marie-Neige Sardin est libraire au Bourget (Seine-Saint-Denis) depuis 1978. Cette femme énergique de 50 ans, rencontrée cette semaine, se dit attachée à sa ville et à son cosmopolitisme. Elle a été agressée vingt et une fois depuis 2004, et a subi un viol. Sa dernière agression remonte au 27 avril : elle a eu la main aspergée d'acide. La douzaine de plaintes qu'elle a déposées s'est soldée par des non-lieux, alors que les délinquants étaient identifiés. Désespérée d'être si peu entendue par la justice, elle a entamé une grève de la faim, qu'elle vient de cesser. « Les autorités font comme s'il ne se passait rien », explique-t-elle. Ses agresseurs ? Une poignée d'adolescents multirécidivistes, dont les parents sont solidaires. « Les grands frères sont dépassés, et il n'y a jamais aucune réponse judiciaire. Beaucoup de victimes n'osent plus s'exprimer. » Elle dit aussi : « Je suis née ici, j'aime mon»93* et je n'en partirai pas. » Qui l'écoute ?
La place de François Fillon
Un premier ministre est-il encore utile ? La présidentialisation accélérée de la Ve République fait déjà de François Fillon un figurant. Il mérite mieux.

http://www.lefigaro.fr/debats/20070629.FIG000000062_reformes_lever_les_malentendus.html
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Mar 3 Juil 2007 - 10:17


"L’ouverture", Sarkozy persiste et signe

Après Bernard Kouchner et Jean-Marie Bockel, le socialiste Hubert Védrine a été chargé par Nicolas Sarkozy de rédiger un rapport sur la mondialisation. Le président de la République l'a dit et même redit lundi : il a "fait un gouvernement d'ouverture" et ira "encore plus loin" dans "les semaines et les mois qui viennent". En visite à Strasbourg, Nicolas Sarkozy a déclaré qu' "en devenant président de la République, [il s'est] libéré de toute attache partisane". Avant d'ajouter : "pour que la France assume son destin particulier et singulier qui est le sien (...) pendant 5 ans, on va allier nos compétences".
Au nom de cette ouverture, l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, Hubert Védrine, s'est donc vu confier un "rapport sur la mondialisation". L'ancien ministre de Lionel Jospin avait pourtant refusé mi-mai de prendre la tête du Quai d'Orsay, ce que lui proposait Nicolas Sarkozy. Plus tard, il avait expliqué que les conditions de son retour n'étaient pas réunies.
Selon le site Internet de L'Express, Jack Lang pourrait également accepter une mission du président de la République. L'ancien ministre de la Culture serait chargé, avec Edouard Balladur et Pierre Mazeaud, de réfléchir à la rénovation des institutions. Interrogé par l'AFP, l'ancien ministre socialiste a pourtant affirmé que "rien de tout cela ne tient la route (...). La question ne se pose pas aujourd'hui". Par ailleurs, Philippe Séguin, premier président de la cour des Comptes a accepté de présider une mission sur la relance de la croissance. Selon Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, Philippe Séguin devrait rendre ses conclusions fin novembre.
http://tf1.lci.fr/infos/france/politique/0,,3480950,00-ouverture-sarkozy-persiste-signe-.html
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Mar 3 Juil 2007 - 12:04

Pour l'instant, rien ne me gêne !

L'objectif de Sarkozy étant d'empêcher la gauche de revenir aux affaires pas avant 10 ou 15 ans !

De quoi nous plaignons-nous !!!?
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Mar 3 Juil 2007 - 13:41

- - - - - Dernières nouvelles - - - - - - - - - Dernières nouvelles - - -
Lev Davidovitch Bronstein (alias Léon Trotski) à titre posthume et Olivier Besancenot auraient décliné l’offre d’ouverture de Nicolaï Tsarkozy, Tsar de toutes les Urssaf Laughing Laughing Laughing
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Mar 3 Juil 2007 - 19:24

2007-06-29
La droite décomplexée
Puisque il devenu bon ton de citer des grands penseurs de gauche, permettez-moi de citer un grand spécialiste de psychologie...Coluche. Voilà comment Coluche décrit un homme complexé : "Avant je faisais pipi au lit et j'avais honte. Je suis allé voir un psy. Maintenant, je fais pipi au lit et je suis fier !".
Il en est ainsi de la droite décomplexée. Avant la droite faisait une politique de gauche, et elle en avait honte. Aujourd'hui, la droite fait une politique de gauche, et elle en est fière.
Ainsi, les leaders de l'UNEF sont rassurés par le projet de "réforme" de l'université tandis que Jack Lang approuve la politique de Sarkozy. Ainsi, plus cela change, plus c'est la même chose...
Le peuple de France doit bien dormir car il va devoir en effet travailler plus, pas pour gagner plus, mais pour payer la facture de notre immobilisme.

vu sur http://caccomo.blogspot.com/2007/06/la-droite-dcomplexe.html
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Mar 3 Juil 2007 - 23:46

C'est du raccourci comme argumentaire V12, tu trouves pas !!?

Jugeons aux actes et surtout lorsque les premières conséquences bénéfiques se feront sentir par la France et les français.
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Mer 4 Juil 2007 - 11:40

on peut rêver...
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Jeu 5 Juil 2007 - 11:33


POIVRE et SEL de Philippe Alexandre

Jusqu'au cou

Depuis son élection il y a deux mois, Nicolas Sarkozy a clamé sur tous les tons et tous les toits qu'il s'obligeait à réaliser scrupuleusement ses promesses de campagne.
Et le chef de l'Etat a commencé en effet à mettre à mal les finances publiques, a la fois en couvrant de cadeaux fiscaux certaines catégories mais aussi en déversant généreusement les crédits publics : pour l'enseignement supérieur et la recherche (5 milliards), pour les armées, pour la justice et notamment le système pénitentiaire moyenâgeux.
Mais Nicolas Sarkozy s'était aussi engagé à réduire le déficit de nos finances publiques, déclaré « abyssal » par tout ce qu'il y a de raisonnable en France. Mais une fois entré à l'Elysée, il lui a fallu mesurer l'ampleur du désastre et l'impossibilité d'y mettre fin comme promis.
Hier, les Français ont appris que le déficit de la protection sociale atteindrait cette année 12 milliards d'euros, soit 40 % de plus que prévu. Dans ce gouffre, l'hôpital entre pour une large part avec une dette cumulée de quelque 10 milliards. La vérité des chiffres échappe à la magie du verbe. Le président de la République a dû demander à la commission européenne un délai de paiement, comme n'importe quel contribuable en difficulté. Il sollicite le report de 2010 à 2012 du rétablissement de l'équilibre budgétaire de la France. C'est-à-dire qu'il promet l'assainissement pour la fin de son quinquennat. S'il est candidat à un second mandat dans cinq ans, il devra trouver une astuce, un expédient pour le cas où l'endettement du pays se poursuivrait, hypothèse plausible du train où vont les largesses de la République. Tout comme son prédécesseur, Nicolas Sarkozy n'a pas le cœur à noircir la radieuse lumière de son règne commençant en imposant aux Français de la rigueur et des larmes.
http://www.bienpublic.com/actu/region/20070705.BPA0190.html
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Ven 6 Juil 2007 - 0:00

Pour l'instant, nous n'avons pas trop à nous plaindre !

Vous ne connaissez pas Sarko, il n'aime pas perdre, c'est pas Jako !!!
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Mer 22 Aoû 2007 - 14:22

Ce que va affronter Sarkozy

Il voulait donner à la France le point de croissance qui lui manque. La partie ne va pas être simple pour le chef de l'Etat


Nicolas Sarkozy a toujours affirmé vouloir être jugé sur ses résultats. Après trois mois d'un état de grâce exceptionnel, les Français appréciant son style hyperactif, il se sait désormais attendu sur les effets concrets de sa politique, notamment économique. Et la tâche va être plus ardue que prévu après son élection. En juillet, le Premier ministre François Fillon a fait voter au pas de charge un projet fiscal censé doper la croissance. A Bercy, on tablait alors sur une augmentation de 2,25% cette année et 2,8% l'an prochain. Mais le mois d'août est passé par là, avec des signaux négatifs sur la dynamique du pays. Le chef de l'Etat a donc logiquement consacré lundi sa première réunion de rentrée aux questions économiques.


Le casse-tête de la TVA sociale

Complexe, le mécanisme dit de "TVA sociale" consiste à basculer une partie du financement de la Sécurité sociale des entreprises vers les ménages via une baisse des cotisations patronales et une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). L'évocation par Jean-Louis Borloo, alors aux commandes de Bercy, de sa possible instauration, avait fait naître en juin une polémique à droite.

C'est pour apaiser le débat que François Fillon avait demandé à Eric Besson de plancher sur la question; il doit remettre son rapport au Premier ministre début septembre. Il y a quelques jours, le secrétaire d'Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur Hervé Novelli a jugé l'idée d'une TVA sociale "pas enterrée", jugeant "logique" son principe.

Vigoureusement dénoncée à gauche, la mesure suscite toujours des réserves à droite : "cette TVA ne fait pas partie du contrat avec les Français", a souligné dernièrement dans Paris-Match le patron du groupe UMP Jean-François Copé qui distingue les promesses de campagne de Nicolas Sarkozy, auxquelles les députés UMP "ne sauraient s'opposer," des autres sujets dont "il faut débatte au Parlement".

Les franchises médicales

Le gouvernement a annoncé fin juillet sa volonté de créer d'ici 2008 trois nouvelles franchises non remboursées sur la santé : 50 centimes par boîte de médicament, 50 centimes par acte paramédical et deux euros par transport en ambulance, ce qui devrait rapporter à l'assurance maladie 850 millions d'euros. L'objectif affiché du gouvernement est non pas de combler le déficit de l'assurance maladie (6,4 milliards d'euros prévus pour 2007), mais de financer la lutte contre la maladie d'Alzheimer et le cancer, et de développer les soins palliatifs.

Les détails des franchises seront présentés en septembre aux syndicats et aux professionnels de santé et devraient s'appliquer à partir du 1er janvier prochain. Mais déjà, les syndicats et la gauche ont dénoncé une "hypocrisie" et une mesure inégalitaire par nature. Dans la majorité aussi, des voix réclament un examen attentif de ces mesures


Les régimes spéciaux


Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la réforme des retraites et de leurs fameux régimes spéciaux est prévue pour 2008 mais devrait occuper les syndicats dès la rentrée. Plusieurs gouvernements se sont cassés le nez sur cette question mais on sent le chef de l'Etat plus que jamais décidé à placer ses adversaires sur la défensive sur une réforme que l'opinion approuve.


Une croissance molle

Le chiffre tombé mi-août a fait l'effet d'une petite bombe dans le cercle des conjoncturistes : la croissance française s'est limitée à 0,3% au deuxième trimestre, soit moitié moins que prévu. Sur la même période, l'Allemagne n'a certes pas fait mieux (0,3% également), mais l'Espagne a affiché une croissance de 0,8%. Du coup, il n'y a plus guère d'économistes pour parier, comme le gouvernement, sur une croissance comprise entre 2,25 et 2,5% sur l'ensemble de l'année. La prévision oscille plutôt entre 1,5 et 2%. Une croissance nettement plus faible que prévu en 2007 pourrait se solder par de moindres rentrées fiscales et un déficit budgétaire accru. C'est toute la construction du projet de budget pour 2008 qui doit être revue.

Un moral des ménages en baisse

En juillet, le moral des ménages français a reculé pour la première fois depuis sept mois, baissant de trois points par rapport à juin, et retombant sous son niveau du mois de mai. L'indicateur de l'INSEE s'était amélioré fortement depuis décembre, en particulier entre avril et mai, au moment du dernier scrutin présidentiel, enregistrant un bond de sept points.

Investissement et commerce extérieur en berne

Consommation des ménages, commerce extérieur et investissement constituent les trois moteurs de la croissance. Si le premier reste très dynamique en France, les deux autres sont grippés. Ainsi l'investissement des entreprises a stagné au deuxième trimestre, et les turbulences actuelles sur les marchés financiers pourraient conduire certains chefs d'entreprise à geler provisoirement certaines décisions. Le manque d'investissements entraîne à moyen et long terme une perte de compétitivité de nos produits. Et la mauvaise santé de notre commerce extérieur devient préoccupante : à mi-parcours, le déficit dépasse les 15 milliards d'euros, contre 13 milliards un an plus tôt à la même période.

Notre voisin allemand a annoncé lui un nouvel excédent commercial de 16,5 milliards d'euros en juin, ce qui atténue considérablement l'excuse de l' "euro fort" ou du pétrole cher. Les causes sont plus à rechercher dans le faible nombre de PME (deux fois moins nombreuses qu'outre-Rhin), une présence trop faible sur certains marchés (Russie, Europe centrale, Chine) et une innovation insuffisante. L'adoption d'un Small Business Act à la française favorisant l'environnement économique des petites et moyennes entreprises, pourraient figurer dans la "loi de modernisation de l'économie".

http://tf1.lci.fr/infos/france/politique/0,,3525414,00-que-affronter-sarkozy-.html
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Jeu 23 Aoû 2007 - 10:30

Citation :
Complexe, le mécanisme dit de "TVA sociale" consiste à basculer une partie du financement de la Sécurité sociale des entreprises vers les ménages via une baisse des cotisations patronales et une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

S’il s’agit d’un réel basculement, voilà enfin un vrai début de rupture avec les politiques keyneisiennes menées depuis des lustres. Reste qu’on ne s’attaque toujours pas aux vrais problèmes ...
Citation :
Le gouvernement a annoncé fin juillet sa volonté de créer d'ici 2008 trois nouvelles franchises non remboursées sur la santé : 50 centimes par boîte de médicament, 50 centimes par acte paramédical et deux euros par transport en ambulance, ce qui devrait rapporter à l'assurance maladie 850 millions d'euros

Du bricolage, toujours du bricolage ! Les remboursements diminuent, les cotisations augmentent, le trou de la sécu aussi: cherchez l’erreur ...
Citation :
Un moral des ménages en baisse Investissement et commerce extérieur en berne

Tout va bien donc ...
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Jeu 23 Aoû 2007 - 13:01

Voici la formule politique miracle pour résoudre TOUS les problèmes :
"En matière de rupture, l'essentiel est d'abord de poursuivre comme avant".
La rupture viendra quand la corde cassera...
Pour l'instant, elle est encore très très solide.
(je parle naturellement de la corde qui ligote les braves gens, ceux qui croient toujours au père noël)
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Ven 24 Aoû 2007 - 10:50

"La rupture dans la continuité" en somme ... Laughing
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Ven 24 Aoû 2007 - 13:23

Ce qui confirme bien le "style" politique...
Lequel a une très grande parenté avec le coran. En effet, le coran étant parfait de nature, il est irréformable, piusque, au somment de la pensée...
La politique, tout comme le coran, est irréformable, puisque, arrivée au sommun de l'absurde. Voici un argument concret :
Il y a quelques années, ce devait être le duel entre un certain giscar et un autre certain chaban.

L'un voulait faire "le changement dans la continuité"...

L'autre voulait faire "la continuité dans le changement"....

Et dire qu'il y avait, à l'époque, des imbéciles d'électeurs qui ne voyaient même pas la différence !...

Etonnant, non ?....
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Mer 12 Sep 2007 - 9:19

Le 11 septembre 2007
De l'eau dans le gaz entre Sarkozy et Merkel ?
Malgré les démonstrations d'amitié, le président et la chancelière traversent une "crise profonde" dans leur relation, affirme un journal allemand.
http://tf1.lci.fr/infos/monde/europe/0,,3543041,00-eau-dans-gaz-entre-sarkozy-merkel-.html
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Mar 16 Oct 2007 - 17:51

Sarkozy : un krach médiatique est-il possible ?

Depuis 2002, Nicolas Sarkozy n’a jamais cessé d’occuper la « une » des médias. Loin de l’user, cette omniprésence médiatique a largement contribué à le porter à la présidence de la République. Une fois élu, Nicolas Sarkozy a choisi de poursuivre cette stratégie : de mai à août 2007, il est intervenu 224 fois dans les journaux télévisés alors que, durant la période comparable suivant son élection en 2002, Jacques Chirac n’était, lui, apparu que 75 fois. Une stratégie jusqu’ici payante puisque, quatre mois après son élection, Nicolas Sarkozy dispose d’une cote de popularité encore très élevée. Pourtant, de même qu’il peut y avoir des krachs immobiliers et des krachs boursiers lorsque l’écart est trop grand entre les espérances virtuelles et les réalités du marché, Nicolas Sarkozy court le risque d’un krach médiatique

Explications :

1/ Promesse de rupture et risque de « reculade »

Nicolas Sarkozy a été élu sur une promesse de rupture : rupture avec les excès du pouvoir syndical, rupture avec une politique d’immigration incontrôlée, rupture avec des réglementations tatillonnes sur le marché du travail. Cette promesse n’est pas tout à fait une « première » : en 1986, Jacques Chirac avait gagné les élections législatives sur une plateforme électorale assez comparable ; devenu premier ministre, il avait alors engagé une politique de réformes profondes : privatisation des entreprises publiques, réforme du code de la nationalité et des lois sur l’immigration, durcissement du Code pénal et construction de nouvelles prisons, modernisation des universités (loi Devaquet). Il s’était alors heurté à une puissante mobilisation des forces de gauche et, après la mort de Malik Oussékine, le 6 décembre 1986, lors de la répression d’une manifestation, avait renoncé à son programme législatif puis perdu, dans la foulée, l’élection présidentielle de 1988.

Jeune député de 1986 à 1988, Nicolas Sarkozy sait donc ce qu’il peut en coûter de vouloir réformer quand on finit par être amené à décider de reculer. L’expérience de Dominique de Villepin, conduit à abandonner, lui aussi sous la pression de la rue, au printemps 2006, son projet de Contrat première embauche (CPE), est d’ailleurs là pour rappeler ce danger.

Il est clair que Nicolas Sarkozy est exposé en permanence à un double risque : soit décevoir ceux qui l’ont élu s’il n’agit pas en profondeur ; soit s’exposer à un « troisième tour social » ou un « troisième tour ethnique » s’il va trop loin ; sachant que, s’il perdait un tel affrontement, sa popularité pourrait s’effondrer.

2/ La méthode Sarkozy : culture de l’apparence, non du résultat !

C’est parce qu’il est conscient de ce risque que Nicolas Sarkozy a choisi de poursuivre la méthode des leurres et des appeaux qui lui a plutôt bien réussi comme ministre de l’Intérieur ou ministre des Finances de 2002 à 2007. C’est une méthode en cinq temps qui s’inscrit dans la démarche d’une double opposition de connivence entre le pouvoir exécutif et les acteurs sociaux qui lui sont réputés hostiles :

– 1er temps : parler fort et sans tabou pour dénoncer tels ou tels maux de la société française ;
– 2e temps : discerner la marge de changement acceptable sans trop de difficultés par les forces en place (corporatismes, « autorités morales », lobbies) ;
– 3e temps : proposer une réforme à hauteur de 100% de l’acceptable par les conservatismes de tous poils (c'est-à-dire bien souvent à peine 10% de ce qui serait réellement nécessaire !) et y ajouter un zeste de provocation ;
– 4e temps : attendre la réaction/dénonciation des conservatismes syndicaux et associatifs et négocier avec eux le retrait d’une partie des mesures annoncées ;
– 5e temps : faire passer la réforme en ayant donné des satisfactions à la fois aux protestataires (leur force de nuisance et de paralysie a été reconnue) et à l’opinion (la loi nouvelle a bien été adoptée malgré les protestations).

C’est très exactement ce qui s’est passé pour la pseudo-réforme Pécresse des universités votée durant l’été 2007. C’est ce qui est en train d’être scénarisé en octobre 2007 pour la énième réforme des lois sur l’immigration.

Bien sûr, la méthode a un inconvénient : le problème n’est pas traité, c’est d’ailleurs pour cela que l’activité législative de Nicolas Sarkozy sur la sécurité ou sur l’immigration ne s’est jamais interrompue de 2002 à 2007 ; puisque les projets de loi ne portent jamais sur l’essentiel, il faut sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier ! On est bien loin de la « culture du résultat » ! Reste à savoir jusqu’à quand les électeurs vont se contenter des apparences.

3/ Gouvernance médiatique : mal-gouvernance !

La présidence Sarkozy est une gouvernance par l’image et la scénarisation ; c’est une gouvernance médiatique qui se cale sur les règles de fonctionnement des médias : en cela elle est conduite à privilégier l’immédiateté sur la continuité et la durée, l’émotion sur la réflexion, l’anecdotique sur l’action de fond. La gouvernance médiatique est par nature touche-à-tout et superficielle. La gouvernance médiatique est par construction une mal-gouvernance déstructurant les emplois du temps des responsables (amenés à changer de sujet d’une minute à l’autre), déstabilisant l’organisation gouvernementale, bousculant en permanence les ordres du jour parlementaires. Ces mouvements browniens ont fini par produire un malaise politique qui s’est traduit lors de la rentrée parlementaire de l’UMP en octobre 2007.

Il y a à cela une raison de fond : le temps médiatique (extrêmement court) est différent du temps politique, lui-même différent du temps administratif qui par constitution s’inscrit dans la durée. Ainsi le mouvement médiatique perpétuel est le paravent d’un immobilisme bien réel.
La gouvernance médiatique n’a guère de prise sur le réel, son univers reste le virtuel. (Voir « La tyrannie médiatique » à :
http://www.polemia.com/campagne.php?iddoc=1283&cat_id=61)

4/ Apothéose du virtuel, revanche du réel ?

L’élection de Nicolas Sarkozy a soulevé de grands espoirs, au sein d’une opinion majoritairement de droite ; chaque nouvelle annonce maintient ces espérances : comme Jaurès jadis, Nicolas Sarkozy conjugue tous les verbes au futur. Mais il n’échappera ni au bilan ni au retour du réel. Deux crises susceptibles de détruire la confiance sont possibles :

- une crise identitaire dans la mesure où l’intégration de l’immigration n’a jamais aussi mal fonctionné, comme le montrent l’ethnicisation des quartiers et des comportements et le nombre croissant de Franco-étrangers choisissant de se marier avec des étrangers de même origine que leurs parents (Voir « Les stratégies nuptiales des Français d’origine étrangère » à :
http://www.polemia.com/contenu.php?cat_id=36&iddoc=1503) ;

- une crise financière alors même que toute loi nouvelle ouvre désormais des droits créances aux résidents français voire aux étrangers du monde entier : ainsi un étranger souhaitant bénéficier d’un regroupement familial pourra désormais tirer une traite sur le trésor public français en lui imposant de prendre en charge les frais d’un test génétique (plusieurs centaines d’euros l’unité). Au-delà de son caractère anecdotique, cette décision est révélatrice d’une irresponsabilité financière globale. A force d’ouvrir des « droits à », la France court le risque « d’argentinisation » (Voir « Finances publiques françaises : le péril argentin » à :
http://www.polemia.com/edito.php?id=1502).
Ce qui placera un jour le gouvernement au pied du mur de la dette ; l’exécutif ne disposera alors plus d’autre solution que de recourir à une hausse de plusieurs points de la TVA : cette amputation du pouvoir d’achat et cette hausse de prélèvements obligatoires risquant alors d’apparaître comme une trahison des promesses électorales que l’opinion pourrait faire payer « cash ».

5/ La chute du sujet médiatique unique (SMU) est-elle possible ?

Nicolas Sarkozy possède une maîtrise exceptionnelle de l’univers médiatique qu’il occupe sans désemparer. Reste que, comme tout sujet médiatique unique (SMU), selon l’expression du journaliste et essayiste Daniel Schneiderman dans « Le cauchemar médiatique »
(http://www.polemia.com/campagne.php?iddoc=677&cat_id=58),
Nicolas Sarkozy court en permanence le risque de la surexposition. Et en conséquence, il ne dispose désormais plus d’aucun fusible pour s’exonérer de ses échecs ou de ses demi-succès, contrairement à la période 2002/2007 où il pouvait expliquer l’insuffisance de ses résultats par la tutelle qu’il subissait de la part de Jacques Chirac et Dominique de Villepin.

Or les médias adorent brûler ce qu’ils ont adoré : cela fait toujours vendre !
Face à un fiasco ou à une désaffection de l’opinion, la machine médiatique pourrait alors s’emballer et détruire ce qu’elle a construit. On objectera que Nicolas Sarkozy dispose de puissants soutiens à la tête des médias (Bouygues, Dassault, Lagardère, Pinault, Arnault, etc.) mais ces soutiens tiennent moins à l’amitié qu’à l’intérêt et au respect de la puissance : que le rapport des forces s’inverse, que la confiance en l’avenir de l’expérience Sarkozy vacille, et les soutiens se feront plus rares et plus timorés.

C’est en cela que la comparaison avec les bulles immobilières et les bulles boursières est éclairante : l’excès de hausse des cours produit les krachs quand la confiance s’affaiblit et que l’écart entre le réel et le virtuel se révèle excessivement fort. C’est pour cela que pour Nicolas Sarkozy l’hypothèse du krach médiatique, même si elle est loin d’être certaine, est à prendre en compte.

Dans ce cas le destin de Nicolas Sarkozy ne serait pas à comparer avec celui de Margaret Thatcher, la grande réformatrice britannique (qui, elle, n’a jamais recouru aux effets d’annonces ni aux mesures purement cosmétiques) mais avec celui de l’ancien président de Vivendi Universal : Jean-Marie Messier, J6M, Jean-Marie-Messier-moi-même-maître-du-monde, coqueluche des médias à qui tout réussissait à la fin des années 1990, aujourd’hui réfugié à New York à la tête d’une pyramide de dettes.
Polémia
11/10/07
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MessageSujet: Re: Nikolausglaübig ? ...   Mar 20 Nov 2007 - 11:59

Novembre 2007 : l’homme pressé de l’Elysée face au « troisième tour social »

Agitation dans les universités, manifestation des gardiens de prison, grève des cheminots, des électriciens, des gaziers, des agents RATP, grève des fonctionnaires, grève des services judiciaires : comme en 1986 et en 1995 l’actualité sociale de novembre 2007 est chargée.
C’est l’heure du « troisième tour social ».
1/ Les atouts de l’exécutif
– Nicolas Sarkozy a recueilli en mai 2007 un large vote d’adhésion. Il a été élu sur le thème de la « rupture » et la réforme des régimes spéciaux de retraite faisait partie du programme présidentiel. L’exécutif dispose donc de la légitimité pour agir.
– Sur le fond, les raisons démographiques et économiques de la réforme des régimes spéciaux sont fortes : de 1995 à 2012, les salariés du secteur public, comme les autres Français, auront gagné cinq ans d’espérance de vie ; travailler deux ans et demi de plus pour recevoir des retraites cinq ans plus longtemps paraît donc parfaitement équitable.
– Enfin, les grèves paralysantes sont impopulaires dans l’opinion : elles frappent de plein fouet les familles (la garde des enfants) et les entreprises comme les salariés les plus exposés à la concurrence.
2/ Les motivations des grévistes
– Dans une société ahurie par les préoccupations du court terme et dominée par les égoïsmes catégoriels, l’argument de bons sens sur l’allongement de la vie est peu entendu. Beaucoup de salariés du secteur public sont convaincus de leur bon droit à défendre leurs « acquis sociaux ». Pour eux le gouvernement veut rompre le contrat implicite qu’ils sont persuadés avoir passé : des salaires plus modestes (ce qui est loin d’être le cas général), en échange de régimes sociaux plus généreux. C’est en raison de cette conviction discutable – mais enracinée – que la grève sera dure, notamment à EDF, y compris chez les cadres.
– A cela il faut ajouter les difficultés sur le pouvoir d’achat liées notamment à la hausse du prix du pétrole et à celui des loyers : or l’ambiance est d’autant moins aux sacrifices individuels et collectifs que l’argent facile s’affiche ouvertement. Les abus financiers de la super-classe mondiale (salaires exorbitants de certains grands patrons, délits d’initiés, stocks options abusives, crise des subprimes) redonnent de la vigueur aux analyses marxistes, en termes de lutte des classes. La jalousie sociale est au rendez-vous.
– Enfin, même si elle peut techniquement s’expliquer, l’augmentation de 172% du traitement du président de la République, annoncée quinze jours après son divorce, n’est pas un message qui va dans le sens du partage des efforts nécessaires.
3/ Un exécutif fragile
Au pouvoir depuis moins de six mois l’exécutif est déjà fragile :
– Il l’est d’abord par la perte du sens collectif : la campagne électorale présidentielle a peu porté sur les grands enjeux nationaux ; elle a été l’occasion d’un kaléidoscope de promesses catégorielles effectuées à travers des opérations médiatiques ; alors chaque citoyen n’a voulu retenir que ce qui l’arrangeait : il n’y a eu nulle part mise en cohérence des propositions, encore moins mise en évidence des grands déséquilibres financiers et sociaux alors qu’il faudra pourtant bien redresser les comptes.
– L’exécutif est aussi fragile par le fait qu’au sein des syndicats, les plus réformistes sont régulièrement désavoués : ainsi le patron de la CFDT, François Chérèque, a beaucoup souffert des accords qu’il a passés en 2003/2004 avec le gouvernement Raffarin ; le patron de l’UNEF, Julliard, est aujourd’hui, lui aussi, en difficulté pour avoir négocié, fort bien d’ailleurs, la réforme des universités avec Nicolas Sarkozy. Pour une raison simple : la France est le pays d’Europe où l’extrême gauche est la plus puissante, ce qui lui permet de déborder en permanence les formations plus responsables. L’extrême gauche est d’autant plus forte, d’ailleurs, qu’elle vit de l’argent public à travers un réseau associatif subventionné et qu’elle a toujours bénéficié d’une grande complaisance de la part de l’UMP et du MEDEF qui y ont vu un moyen de diviser la gauche. Cette stratégie risque de coûter cher car il faudra la payer cash !
– Enfin, la principale fragilité de l’exécutif c’est sa faible crédibilité en matière de « fermeté » ; malgré les mâles déclarations de Nicolas Sarkozy et de François Fillon, les syndicats ont la certitude que le gouvernement cédera, comme en 1986 et en 1995. Comme en 2005, aussi, sur le Contrat première embauche (CPE) où les manifestants anti-Villepin avaient alors reçu le soutien de fait d’un certain… Nicolas Sarkozy. De même la visite du président de la République aux marins pêcheurs le 5 novembre 2007 et la promesse qui leur fut alors accordée d’une compensation de la hausse du prix du pétrole par la baisse de leurs charges est, au-delà du compréhensible appui public à cette profession exposée, un dangereux message d’encouragement à toutes les revendications. Message qui pourrait notamment être entendu par les chauffeurs de taxi et les routiers.
– Plus globalement, la gouvernance médiatique de Nicolas Sarkozy est potentiellement dangereuse. Elle nécessite des résultats rapides et spectaculaires. Or dans une négociation, celui qui est pressé est en position de faiblesse : c’est donc lui qui doit céder et reculer.
Margaret Thatcher avait su réformer la Grande-Bretagne dans les années 1980 en acceptant des confrontations de longue durée avec ses adversaires, notamment le syndicat trotskyste des mineurs. L’homme pressé de l’Elysée en sera-t-il lui aussi capable ?
Polémia
11/11/07
http://www.polemia.com/edito.php?id=1554
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